{"id":150,"date":"2011-06-20T15:34:54","date_gmt":"2011-06-20T14:34:54","guid":{"rendered":"http:\/\/charles.dehays.free.fr\/wordpress\/?p=150"},"modified":"2011-06-20T15:34:54","modified_gmt":"2011-06-20T14:34:54","slug":"maurice-dehays-un-fils-du-feu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/2011\/06\/20\/maurice-dehays-un-fils-du-feu\/","title":{"rendered":"MAURICE DEHAYS\u00a0: UN FILS DU FEU"},"content":{"rendered":"<p><!-- \t\t@page { margin: 2cm } \t\tP { margin-bottom: 0.21cm } --> <!-- \t\t@page { margin: 2cm } \t\tP { margin-bottom: 0.21cm } --><span style=\"font-family: Garamond, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Les ouvriers, le plus souvent, sont du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019ombre. Ces hommes qui, durant leur vie de labeur, fabriquent et cis\u00e8lent des objets dont d\u2019autres qu\u2019eux jouissent \u00e0 leur place, n\u2019obtiennent, dans le meilleur des cas, qu\u2019une mesquine m\u00e9daille du travail \u00e0 quelques mois de la retraite. A l\u2019instar de Maximilien Luce, valeureux peintre des hauts-fourneaux, Maurice Dehays a choisi d\u2019exprimer l\u2019ardeur silencieuse des obscurs, de ceux-l\u00e0 m\u00eame qui, jour apr\u00e8s jour, font jaillir la richesse de leurs mains sans r\u00e9ellement en profiter (ce privil\u00e8ge \u00e9tant laiss\u00e9 \u00e0 ceux qui s\u2019enrichissent du fruit de leurs efforts).<a href=\"http:\/\/yaka.alwaysdata.net\/wp-content\/uploads\/2011\/06\/fusion_558534.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/yaka.alwaysdata.net\/wp-content\/uploads\/2011\/06\/fusion_558534.jpg\" width=\"135\" class=\"alignleft size-full wp-image-151\" title=\"fusion_558534\" alt=\"fusion\" height=\"103\" \/><\/a><!--more--><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Garamond, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> <\/span><\/span>Soudeur de son \u00e9tat, Dehays sait de quoi il parle. C\u2019est en initi\u00e9 qu\u2019il d\u00e9crit l\u2019univers familier de ces hommes livr\u00e9s ou encha\u00een\u00e9s \u00e0 leur servitude quotidienne\u00a0: m\u00e9tallurgistes, forgerons, chaudronniers, foreurs de puits de p\u00e9trole, soudeurs comme lui, soutiers, vulcains des temps modernes arrachant au feu de la Terre la fleur br\u00fblante de la prosp\u00e9rit\u00e9 industrielle. A tous ces acteurs anonymes, le peintre redonne une dignit\u00e9 dont nul habituellement ne parle, magnifiant ainsi l\u2019h\u00e9ro\u00efque beaut\u00e9 de leurs gestes. Ceux qui ne vivent que des hoquets du CAC 40 pourraient bien dispara\u00eetre demain. Nul n\u2019en serait affect\u00e9. Mais ces titans de l\u2019ombre, ces athl\u00e8tes de la coulisse, comment pourrions-nous donc les cong\u00e9dier du plan divin\u00a0? Leur visage rougeoyant refl\u00e8te l\u2019\u00e9nergique embrasement des forces telluriques. Quand leur ouvrage se met au service du bien commun, ils sont le sel m\u00eame de la Terre et ses alli\u00e9s les plus f\u00e9conds.<\/p>\n<p><span style=\"font-family: Garamond, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Mon propre p\u00e8re, forgeron et paysan de noble souche aragonaise faisait partie de cette immense famille humaine \u00e0 laquelle je voue aujourd\u2019hui le plus ineffable respect. Pacifiste \u00e9pris de libert\u00e9, il<\/span><\/span><span style=\"font-family: Garamond, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><em> forgeait des armes d\u2019amour<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Garamond, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">, comme l\u2019\u00e9crivit l\u2019un de ses coll\u00e8gues le jour o\u00f9 il s\u2019exila de la fournaise, fier du devoir accompli, sans m\u00eame emporter son enclume. Oui, Maurice est pour moi du m\u00eame acier tremp\u00e9 que le h\u00e9ros sans uniforme de ma jeunesse. Peu enclin aux sc\u00e8nes bucoliques ou aux doucereuses volupt\u00e9s des touristes de la palette, il pr\u00e9f\u00e8re se saisir du destin des for\u00e7ats, de ces robustes travailleurs auxquels notre pays doit son rang historique dans le monde. Il est heureux qu\u2019une main et qu\u2019un regard aussi honn\u00eates aient entrepris de t\u00e9moigner en leur faveur, rachetant ainsi l\u2019irr\u00e9parable oubli de ceux qui paradent dans les assembl\u00e9es, les officines capitonn\u00e9es et conseils d\u2019administration. Il fut un temps o\u00f9 les po\u00e8tes, conscients de leur r\u00f4le, louaient les vertus et bienfaits du travail manuel, comme le g\u00e9nial Henri Pichette le fit encore avec ses immortelles <\/span><\/span><span style=\"font-family: Garamond, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><em>Odes \u00e0 chacun<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Garamond, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">. Ce temps, h\u00e9las, est loin de nous. Nous n\u2019applaudissons plus aujourd\u2019hui que des bateleurs cathodiques ou d\u2019insolents joueurs de foot vendus au d\u00e9mon de la pub. Et nous voyons \u00e0 quelle d\u00e9b\u00e2cle, \u00e0 quelle immonde vulgarit\u00e9 cette idol\u00e2trie peu conduire. Je pr\u00e9f\u00e8re \u00e0 ces histrions la force invisible des mains qui s\u2019agitent loin des cam\u00e9ras pour permettre au monde de poursuivre sa course. A qui devons-nous notre confort sinon \u00e0 ces hordes actives, \u00e0 la t\u00e2che depuis l\u2019aurore\u00a0? A ces gens <\/span><\/span><span style=\"font-family: Garamond, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><em>qui se l\u00e8vent t\u00f4t<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Garamond, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> mais ne seront jamais convi\u00e9s \u00e0 la table des ma\u00eetres du monde.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Garamond, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Maurice Dehays le dit lui-m\u00eame. Sa peinture est <\/span><\/span><span style=\"font-family: Garamond, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><em>un hommage \u00e0 ceux qui peinent et dont il n\u2019est jamais question<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Garamond, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">. En tant que soudeur, il a connu toutes les vicissitudes des m\u00e9tiers li\u00e9s \u00e0 l\u2019industrie et aux caprices de la finance, devant parfois quitter un emploi pour un autre, en pr\u00e9servant assez de libert\u00e9, assez de dignit\u00e9 pour ne pas succomber au vertige du d\u00e9sespoir. C\u2019est en parfait autodidacte qu\u2019il se lan\u00e7a dans la peinture et la gravure, \u00e0 cinquante ans pass\u00e9s, solidement chaperonn\u00e9 par Marcel Cavelier, Jean Marc et Albert Barub\u00e9, des peintres dont l\u2019humanit\u00e9 dopa sa volont\u00e9 d\u2019apprendre et d\u2019entretenir la flamme qui veillait au fond de son c\u0153ur.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Garamond, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">C\u2019est en fait Marcel Cavelier, excellent peintre paysagiste, qui orienta Maurice vers Emmanuel Lemardel\u00e9, artiste de grand talent et remarquable p\u00e9dagogue. Peu \u00e0 peu le disciple trouva pr\u00e8s du ma\u00eetre l\u2019\u00e9lan d\u2019entreprendre une \u0153uvre personnelle, avec l\u2019humilit\u00e9 et la constance qu\u2019exige toute d\u00e9marche cr\u00e9atrice authentique. Au fil du temps et des rencontres, des salons et des francs \u00e9changes, Dehays a pris sa place dans le cort\u00e8ge de ceux qui laissent en vous leur empreinte et leur go\u00fbt du combat. Il incarne, \u00e0 mes yeux, ce pr\u00e9cieux bon sens populaire qui fait tant d\u00e9faut aux \u00ab\u00a0\u00e9lites\u00a0\u00bb de la nation, car il n\u2019est jamais \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui-m\u00eame. Si le r\u00eave qu\u2019il portait d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 plus juste donne l\u2019impression de s\u2019\u00eatre \u00e9vapor\u00e9, faute d\u2019avoir trouv\u00e9 les relais ad\u00e9quats, ce r\u00eave me para\u00eet finalement plus enviable que la sordide r\u00e9alit\u00e9 sur laquelle nous sommes assis. Mieux vaut pr\u00e9f\u00e9rer l\u2019utopie au reniement de l\u2019esp\u00e9rance. Mieux vaut aimer la vie que de faire all\u00e9geance au n\u00e9ant. <\/span><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-family: Garamond, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> <\/span><\/span><span style=\"font-family: Garamond, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><strong>Luis PORQUET<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Garamond, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> <\/span><\/span><span style=\"font-family: Garamond, serif;\">Barneville-Carteret, le 4 juin 2011.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les ouvriers, le plus souvent, sont du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019ombre. 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