{"id":218,"date":"2013-10-09T10:43:22","date_gmt":"2013-10-09T09:43:22","guid":{"rendered":"http:\/\/charles.dehays.free.fr\/wordpress\/?p=218"},"modified":"2013-10-09T10:43:22","modified_gmt":"2013-10-09T09:43:22","slug":"premiers-chantiers","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/2013\/10\/09\/premiers-chantiers\/","title":{"rendered":"PREMIERS CHANTIERS"},"content":{"rendered":"<p><a name=\"more-218\"><\/a> <span style=\"color: #333333;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span>Un jour, comme \u00e7a, j\u2019ai eu envie de peindre. \u00c7a venait sans doute de mes visites dans les galeries, les salons, les expos\u2026 lieux que je n\u2019avais jamais fr\u00e9quent\u00e9 (ou si peu) durant mon existence\u2026 plut\u00f4t laborieuse et \u00e9loign\u00e9e des choses artistiques\u2026 je ne reparle pas du processus qui m\u2019y a amen\u00e9\u2026 j\u2019ai du d\u00e9j\u00e0 raconter \u00e7a. Par contre, quand j\u2019ai eu un tout petit peu de ma\u00eetrise dans cette discipline, j\u2019ai eu envie de revenir sur les lieux de ma jeunesse et par la m\u00eame occasion, aux endroits ou j\u2019y avais fait mes premi\u00e8res armes dans le travail\u2026 Pas \u00e9tonnant que je r\u00eavais d\u2019autre chose quand j\u2019avais 18 ans. Il me suffisait de refaire le parcours entre Couronne, Petit-Quevilly, (Grand et Petit), jusqu\u2019\u00e0 Rouen, par les quais, le long de la Seine pour me rendre compte de la laideur, de la puanteur des lieux\u2026 Si on y ajoute les jours de brume ou de flotte, plus fr\u00e9quentes que les journ\u00e9es radieuses et ensoleill\u00e9es, il est facile\u2026 de se faire un id\u00e9e de l\u2019ambiance dans laquelle se passaient mes journ\u00e9es de travail\u2026<!--more--><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #333333;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span>Ces quelques lignes, \u00e7a n\u2019est pas pour \u00e9taler des regrets, \u2026 simplement comme une impression de m\u2019\u00eatre fourvoy\u00e9 au d\u00e9part\u2026 pour autant, aucune amertume !!<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #333333;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span>A bicyclette, la gamelle dans la musette ou dans la sacoche, je me rendais sur le chantier (construction d\u2019une partie de la papeterie Navarre)\u2026 Je passai devant l\u2019usine Charret\u00e9e\u2026 noire de charbon\u2026 fumante et bruyante. Devant St_Gobai, elle aussi pleine de vapeur, de fum\u00e9e, de poussi\u00e8re blanche et jaune qui vous piquait les yeux et le nez\u2026 La baraque en planches du chantier, une partie r\u00e9fectoire, une partie vestiaire. Le bac \u00e0 flotte devant la porte pour r\u00e9chauffer les gamelles\u2026 Le bureau du chef de chantier, un Italien surexcit\u00e9 en pantalon de gros velours noir,et le b\u00e9ret en permanence sur la t\u00eate. A l\u2019\u00e9poque, je ne pouvais pas comprendre son \u00e9tat de tension permanente qui le mettait dans des rages terribles. La raison en est qu\u2019il \u00e9tait d\u00e9pass\u00e9 par ses responsabilit\u00e9s. C\u2019\u00e9tait s\u00fbrement un tr\u00e8s bon ma\u00e7on, mais l\u00e0, sur ce chantier de l\u2019entreprise Marion, il \u00e9tait le responsable de la construction (la partie b\u00e2timent) de toute une usine, dont le faite se terminait par un d\u00f4me en b\u00e9ton arm\u00e9, du plus bel effet,d\u2019ailleurs,mais \u00e7a, on ne s\u2019en rendit compte que lorsque l\u2019ouvrage fut compl\u00e8tement achev\u00e9\u2026 Dans ses col\u00e8res, je l\u2019ai vu jeter son b\u00e9ret au sol,le pi\u00e9tiner en jurant fort en Italien,avec un \u00e9pouvantable accent !! C\u2019\u00e9tait plut\u00f4t comique et on ne se privait pas de nous marrer\u2026 ce qui redoublait sa col\u00e8re\u2026<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #333333;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span>Pour situer le personnage, je me souviens d\u2019un matin ou, sur un \u00e9tabli,j\u2019avais quelques difficult\u00e9s, avec un arrache-clous, \u00e0 extraire une pointe d\u2019une planche\u2026 Il m\u2019\u00e9carta de l\u2019\u00e9tabli et, d\u2019un geste violent, voulut l\u2019arracher \u00e0 la main !!! Il s\u2019arracha toute la paume\u2026 et la pointe, bien \u00e9videmment, ne bougea pas\u2026 Cet homme l\u00e0, ce fut mon premier chef ! Un cas !! Mais j\u2019en ai connu d\u2019autres\u2026 des pires.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #333333;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span>Sur ce chantier, je retrouvais un copain du centre d\u2019apprentissage. En ce qui me concernait, j\u2019\u00e9tais embauch\u00e9 comme compagnon\u2026 la paie \u00e9tait quand m\u00eame nettement sup\u00e9rieure. Lui, non, il ne voulait pas la moindre responsabilit\u00e9 et pr\u00e9f\u00e9rait un statut de man\u0153uvre qui lui \u00f4tait tout souci.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #333333;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span>Lui aussi avait sa particularit\u00e9 et je crois qu\u2019il en \u00e9tait assez fier !!<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #333333;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span>Dans les douze coups de midi, il avalait son litre de rouge. Il souhaitait avoir du monde autour de lui pour r\u00e9aliser cet exploit. Je crois m\u00eame qu\u2019il prenait parfois des paris\u2026 Il entonnait donc le litron de gros rouge au premier son de la cloche de l\u2019\u00e9glise de Grand-Quevilly, et, quand le douzi\u00e8me coup avait sonn\u00e9, il faisait constater que la bouteille \u00e9tait vide\u2026 j\u2019\u00e9tais pas admiratif, j\u2019avais encore en m\u00e9moire les images de l\u2019\u00e9cole. \u00c0 gauche, le foie d\u2019un homme sain, \u00e0 droite, celui d\u2019un ivrogne\u2026 plut\u00f4t d\u00e9gueulasse, violac\u00e9\u2026 Non, vraiment, \u00e7a ne m\u2019inspirait pas.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #333333;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span>Je travaillais en \u00e9quipe avec un vieux. Un vieux qui n\u2019avait pas plus de 65 ans !!! Il \u00e9tait grand, maigre, toujours vo\u00fbt\u00e9, les cheveux gris pisseux sous un chapeau minable et caboss\u00e9\u2026 Triste \u00e0 mourir\u2026 C\u2019\u00e9tait encore flou dans mon esprit, mais je me promettais de ne pas finir comme lui!! Je m\u2019emmerdais ferme en sa compagnie, mais il m\u2019apprenait quand m\u00eame quelques ficelles du m\u00e9tier. En \u00e9change ,moi qui \u00e9tais souple comme un chat \u00e0 l\u2019\u00e9poque, je lui \u00e9pargnais tous les endroits qui n\u00e9cessitaient une forme physique qu\u2019il avait perdue depuis longtemps. En plus ,il \u00e9tait asthmatique et, dans les brumes matinales, avait souvent des crises. Il sortait alors de la poche de son grand manteau une esp\u00e8ce de poire munie d\u2019un petit tuyau dont il se mettait l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 dans la bouche\u2026 et puis il pressait la poire 5 ou 6 fois\u2026 Du coup, il retrouvait des couleurs, son souffle et sa respiration. Dans mon souvenir, il \u00e9tait pitoyable.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #333333;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span>Probablement que sa place n\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 plus l\u00e0 et qu\u2019il aurait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9f\u00e9rable pour lui d\u2019\u00eatre bien peinard et au sec.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #333333;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span>Quand \u00e0 moi, j\u2019aurai d\u00fb, d\u00e8s cette \u00e9poque trouver autre chose pour gagner ma vie. Comme mon horizon \u00e9tait plut\u00f4t bouch\u00e9, je cherchais l\u2019\u00e9vasion vers un \u00e9ventuel embarquement et un \u00ab ailleurs \u00bb qui, me semblait-t-il, serait forc\u00e9ment plus agr\u00e9able\u2026 (d\u2019o\u00f9, sensiblement \u00e0 cette p\u00e9riode, notre voyage vers F\u00e9camp et pour Terre-Neuve).<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #333333;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span>Il est certain que si j\u2019avais trouv\u00e9 un moyen de gagner les quelques sous que me rapportait ma quinzaine sans avoir besoin d\u2019aller journellement au charbon, j\u2019aurai abond\u00e9 dans ce sens. Mais, je n\u2019\u00e9tais ni combinard,ni particuli\u00e8rement d\u00e9brouillard et, comme tout un chacun, je ne voyais pas d\u2019autre solution pour me faire quelques tunes. Fin des ann\u00e9es quarante, d\u00e9but des ann\u00e9es cinquante,et malgr\u00e9 les avantages sociaux qui avaient \u00e9t\u00e9 mis en place \u00e0 la lib\u00e9ration, la vie sur les chantiers du b\u00e2timent \u00e9tait rude. Pour nous prot\u00e9ger de la flotte,un sac de ciment retourn\u00e9 sur la t\u00eate et les \u00e9paules faisait l\u2019affaire\u2026 j\u2019avais un jour demand\u00e9, suite \u00e0 une blessure l\u00e9g\u00e8re \u00e0 la main, \u00e0 mon chef de chantier, s\u2019il \u00e9tait possible de nous procurer des gants de manutention\u2026 il m\u2019avait r\u00e9pondu : \u00ab\u00a0Non mais \u00e7a va pas\u2026 tu te crois en Am\u00e9rique !!\u00a0\u00bb J\u2019avais 17 ans, je n\u2019ai pas insist\u00e9\u2026<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #333333;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span>Quand aux horaires, affich\u00e9s sur la porte du bureau, c\u2019\u00e9tait jamais moins de 54 heures par semaine. Je n\u2019ai vraiment b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des 40 heures que sur la fin de ma carri\u00e8re.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #333333;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span>Ce qui me plaisait bien (tout n\u2019\u00e9tait pas n\u00e9gatif), c\u2019\u00e9tait cette impression de libert\u00e9\u2026 et que j\u2019ai essay\u00e9 de conserver durant mon temps d\u2019activit\u00e9 : j\u2019apporte ma force de travail, je suis pay\u00e9 en cons\u00e9quence. \u00c7a me semblait une bonne formule\u2026 Pour que \u00e7a fonctionne bien, faudrait pas vieillir\u2026 \u00e0 cette \u00e9poque, je ne pensais pas une seconde \u00e0 cela\u2026 !<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #333333;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span>J\u2019\u00e9tais bien conscient de ne pas \u00eatre parmi les plus favoris\u00e9s de la vie mais je m\u2019en accommodais et \u00e0 17 ou 18 ans, monter des \u00e9chafaudages, y grimper, \u00e7a me plaisait assez\u2026 Pas de projet de carri\u00e8re, et, comme le travail ne manquait pas, pour un salaire horaire un peu plus \u00e9lev\u00e9, une prime plus importante, je quittais facilement un emploi pour un autre. Le travail \u00e9tant le m\u00eame, ce qui importait, c\u2019\u00e9tait sa r\u00e9mun\u00e9ration. Cette fois, embauch\u00e9 chez Aubrun, construction d\u2019une usine Gaz de France, en 51 ou 52 ,et j\u2019y resterai jusqu\u2019\u00e0 mon d\u00e9part \u00e0 l\u2019arm\u00e9e\u2026 un bail\u2026 qui ne se renouvellera pas souvent au cours de ma vie professionnelle !!!!<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #333333;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span>Des pieux en b\u00e9ton arm\u00e9 en quantit\u00e9 qui s\u2019 enfon\u00e7aient comme dans du beurre\u2026 et qu\u2019il fallait rallonger, enfoncer \u00e0 nouveau dans le sol afin de trouver \u00ab du dur \u00bb et de pouvoir enfin couler les fondations et de commencer la construction de l\u2019usine. Des tonnes et des tonnes de b\u00e9ton\u2026 Tout cela ras\u00e9 \u00e0 peine 20 ans apr\u00e8s, la conjoncture \u00e9conomique ayant chang\u00e9e\u2026 La papeterie Navarre aussi, mais quelques ann\u00e9es plus tard, avec son beau d\u00f4me arrondi\u2026 Tout par terre\u2026 et on passe \u00e0 autre chose. Le chantier de Normandie, fleuron de la construction navale r\u00e9gionale d\u00e9coup\u00e9 au chalumeau et transform\u00e9 en un tas de ferraille. J\u2019y avais travaill\u00e9 \u00e9galement\u2026 mon fr\u00e8re a\u00een\u00e9 y avait fait son apprentissage\u2026 Bon, en gros, c\u2019\u00e9tait plus rentable\u2026 on a tout d\u00e9saill\u00e9\u2026 ! Heureusement, j\u2019\u00e9tais l\u00e0\u2026 et j\u2019ai peint une partie de la destruction.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #333333;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span>Emport\u00e9 par mon \u00e9lan, j\u2019ai d\u00fb peindre la grande paroisse\u2026l\u2019usine Charvet, d\u00e9molie, elle aussi, un an plus tard\u2026 celle-l\u00e0, on me l\u2019a achet\u00e9e, et c\u2019est s\u00fbrement pas pour son aspect joyeux et color\u00e9. J\u2019en \u00e9tais assez satisfait, comme des trois autres, que j\u2019avais essay\u00e9 de peindre dans leur v\u00e9ritable ambiance, disons plut\u00f4t merdique. A l\u2019\u00e9poque, j\u2019y croyais dur\u2026 et j\u2019\u00e9tais convaincu qu\u2019une bonne toile ne pouvait se faire que sur le motif !! \u2026 Quand \u00e0 la vente, sure qu\u2019il vaut mieux peindre des belles cabines de plage color\u00e9es ou des paysages enneig\u00e9s dans une ambiance brumeuse bien de chez nous, c\u2019est forc\u00e9ment plus porteur que des tristes usines qui n\u2019\u00e9voquent que des pues-la-sueur entrain d\u2019ex\u00e9cuter un boulot forc\u00e9ment chiant et le plus souvent p\u00e9nible et r\u00e9p\u00e9titif.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #333333;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span>En ce qui concerne Charvet, j\u2019avais plant\u00e9 mon chevalet face \u00e0 l\u2019usine, entre les multiples voies ferr\u00e9es\u2026o\u00f9 passaient des trains qui man\u0153uvraient sous mon nez et me bouchaient la vue\u2026 C\u2019\u00e9tait quand m\u00eame le bon temps et \u00e7a s\u2019\u00e9loigne dare-dare\u2026 !<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #333333;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span>Donc, je travaillais dans ces lieux industriels jusqu\u2019\u00e0 mon d\u00e9part \u00e0 l\u2019arm\u00e9e. D\u00e9part qui eut lieu en avril 54\u2026 Pour l Alg\u00e9rie, dans les zouaves\u2026 moi qui avait demand\u00e9 la marine, j\u2019\u00e9tais servi\u2026 Je passe sur les d\u00e9tails, il faudrait beaucoup d\u2019autres feuilles !!!<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #333333;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span>D\u00e8s notre arriv\u00e9e, il fut question qu\u2019on allait nous en faire baver\u2026 c\u2019\u00e9tait, le 3\u00e8me zouave, un r\u00e9giment disciplinaire. La raison de notre affectation dans ce r\u00e9giment, pas la moindre id\u00e9e\u2026 et qu\u2019importe. En ce qui me concernait,\u00e0 part la contrainte que repr\u00e9sentait pour moi le service militaire, l\u2019obligation d\u2019\u00eatre l\u00e0 et d\u2019y perdre mon temps, tout ce qu\u2019on me, faisait faire et qui semblait insupportable \u00e0 la majorit\u00e9 de mes copains, me semblait \u00eatre un bon exercice physique au grand air et bien moins p\u00e9nible que ce que j\u2019avais connu sur les chantiers\u2026 et m\u00eame qu\u2019on faisait la sieste l\u2019apr\u00e8s-midi\u2026 Pour faire bref, si je ne me suis pas trop plu \u00e0 l\u2019arm\u00e9e, c\u2019est pas cet aspect-l\u00e0 qui m\u2019en a d\u00e9go\u00fbte\u2026 Et pourtant j\u2019en ai fait des kilom\u00e8tres \u00e0 pied et j\u2019ai souvent et longuement crapahuter dans le djebel\u2026 Par contre, oui ; l\u2019impression de ne pas \u00eatre \u00e0 ma place quand ont commenc\u00e9 les probl\u00e8mes et qu\u2019il a fallu participer aux op\u00e9rations de maintien de l\u2019ordre\u2026 Faudrait que je trouve le temps de raconter par le menu ces deux ann\u00e9es en Alg\u00e9rie.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #333333;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span>A ma lib\u00e9ration, on m\u2019a propos\u00e9 de rester. Je serai pass\u00e9 sous-off\u2026 sergent ; on me le conseillait : \u00ab que faites-vous dans le civil ? \u00bb\u2026 R\u00e9ponse : charpente, coffrage\u2026 b\u00e2timent\u2026 o\u00f9 je savais par exp\u00e9rience que je serai moins bien pay\u00e9 que ce que l\u2019arm\u00e9e me versait comme solde depuis 6 mois\u2026 nourri, log\u00e9, habill\u00e9, m\u00eame plus besoin de cirer mes pompes ni de repasser mes liquettes\u2026 !<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #333333;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span>Bon, je voulais rentrer\u2026 les copains\u2026 les copines\u2026 la libert\u00e9. Marre des grad\u00e9s, des r\u00e8glements et du r\u00f4le qu\u2019on nous faisait jouer dans ce pays o\u00f9 je ne me sentais plus tout \u00e0 fait \u00e0 ma place. Bien content de quitter les lieux\u2026 et vive le retour dans le civil\u2026 La f\u00eate pendant une quinzaine avec le pognon que j\u2019avais touch\u00e9 \u00e0 ma lib\u00e9ration !! Avec les potes, on s\u2019est bien marr\u00e9\u2026 mais voil\u00e0, plus un radis. J\u2019avais quand m\u00eame eu la bonne id\u00e9e de me payer un chouette futal et une veste en tweed\u2026 il me semble. Fallait bien frimer un peu\u2026 Et puis, j\u2019avais tellement de temps \u00e0 rattraper\u2026<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #333333;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span>Mon fr\u00e8re m\u2019a fait embaucher chez Fives-Lille, une boite du Nord qui montait une installation d\u2019usine dans la Shell, \u00e0 Petit-Couronne. Le boulot ne manquait \u00e0 l\u2019\u00e9poque\u2026 Mais, d\u00e8s l\u2019embauche, je me suis retrouv\u00e9 dans les escaliers de cette fameuse installation, avec un autre, comme moi, recrut\u00e9 r\u00e9cemment, une grosse bouteille d\u2019oxyg\u00e8ne sur l\u2019\u00e9paule, \u00e0 grimper dans les \u00e9tages\u2026 C\u2019\u00e9tait lourd, c\u2019\u00e9tait dur\u2026 et tout le reste \u00e0 l\u2019avenant. Et puis, jour de paye, une quinzaine de jours plus tard. Bien inf\u00e9rieure \u00e0 la solde que je touchais sous l\u2019uniforme\u2026 Il y avait les copains\u2026 les filles \u00e9taient belles et j\u2019avais d\u00fb, pendant ces deux ann\u00e9es manquer d\u2019affection. Je suis rest\u00e9\u2026 Mais la tentation de reprendre du service m\u2019est venue\u2026 pas assez forte, cependant pour repartir. J\u2019ai donc fait le choix de ce que je pensais \u00eatre la libert\u00e9 !!!!<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #333333;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span>Fin du premier \u00e9pisode\u2026<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p>En titre, j&#8217;ai mis \u00ab\u00a0premiers chantiers\u00a0\u00bb&#8230; J&#8217;en avais oubli\u00e9 un, \u2026 le tout premier. C&#8217;\u00e9tait en 48, j&#8217;allais sur mes 15 ans et nous avions d\u00e9cid\u00e9, mon copain Andr\u00e9 et moi, accompagn\u00e9s de Pierrot, de partir sur les routes de Normandie, voir, entr&#8217;autres et de tout pr\u00e8s, le mont Saint-Michel&#8230; puis un petit crochet en Bretagne&#8230; ensuite suivre le bord de la Loire jusqu&#8217;\u00e0 Beaugency o\u00f9 mon fr\u00e8re Christian devait \u00eatre en colonie de vacances\u2026 Et retour.<\/p>\n<p><span>\u00c9videmment, ce p\u00e9riple \u00e0 bicyclette. \u2026 et, de bicyclette, je n&#8217;en poss\u00e9dais pas encore. La maman de mon copain Andr\u00e9 me proposa le sien, un gros v\u00e9lo belge, noir vieux, pas tr\u00e8s bien entretenu, un seul frein et pas de d\u00e9railleur&#8230; ! Bon, j&#8217;allais pas faire des mani\u00e8res, je m&#8217;en contenterai&#8230; comment faire autrement ?<\/span><\/p>\n<p><span>Le probl\u00e8me du v\u00e9lo r\u00e9gl\u00e9, il en restait un autre\u2026 et de taille\u00a0! J&#8217;avais pas un sou en poche. Il fallait changer un pneu et une chambre \u00e0 air au v\u00e9lo, y accrocher au moins une sacoche\u00a0; et puis, il fallait aussi pendant notre voyage assurer la bouffe et les frais occasionnels qui se pr\u00e9senteraient&#8230; Une seul solution en ce qui me concernait, trouver un \u00ab\u00a0job\u00a0\u00bb pour me faire un peu de fric&#8230;\u00a0!<\/span><\/p>\n<p><span>Mon fr\u00e8re a\u00een\u00e9 me fit embaucher dans un entreprise de peinture qui avait la totalit\u00e9 de ses activit\u00e9s dans la Shell \u00e0 Petit-Couronne. Peinture des r\u00e9servoirs, des citernes, des tuyauteries, des charpentes.<\/span><\/p>\n<p><span>La premi\u00e8re matin\u00e9e me sembla durer une \u00e9ternit\u00e9&#8230; Le chef de chantier m&#8217;avait fait grimper sur le toit d&#8217;un r\u00e9servoir qui me semblait immense et m&#8217;avait remis une spatule et une grosse brosse m\u00e9tallique. J\u2019\u00e9tais sens\u00e9 gratter la rouille et enlever les taches de graisse. Peut-\u00eatre m&#8217;avait-il donn\u00e9 ce travail histoire de m&#8217;occuper, sans exigence particuli\u00e8re. Mais moi, s\u00fbrement que je voulais m\u00e9riter mon salaire&#8230; alors, durant toute la matin\u00e9e, j&#8217;ai gratt\u00e9 le toit du bac avec acharnement, et, quand la sonnerie de l&#8217;usine a retenti, j&#8217;\u00e9tais compl\u00e8tement crev\u00e9\u00a0!!! <\/span><\/p>\n<p><span>Elle m&#8217;avait sembl\u00e9 bien longue \u00e0 venir, cette sir\u00e8ne qui, habituellement, me pr\u00e9venait qu&#8217;il \u00e9tait temps d&#8217;interrompre mes jeux et de rentrer \u00e0 la maison pour d\u00e9jeuner. L&#8217;apr\u00e8s-midi me parut aussi longue et ennuyeuse. L&#8217;usine me semblait triste et sans attrait, pleine d&#8217;odeurs puantes, et le travail que je devais fournir de peu d&#8217; int\u00e9r\u00eat. J&#8217;\u00e9tais pourtant d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 m&#8217;y accrocher, c&#8217;\u00e9tait ma seule possibilit\u00e9 de participer \u00e0 ce voyage en compagnie de mes deux copains. Qui, eux, attendaient peinardement que j&#8217;ai gagn\u00e9 mes quelques sous pour pr\u00e9parer notre d\u00e9part. Ils \u00e9taient tous les deux fils de commer\u00e7ants et leurs parents pouvaient leur remettre en argent de poche plut\u00f4t plus que ce que je gagnerai pendant mes deux semaines de boulot. Je les enviais un peu, mais sans plus. \u00c7a me semblait dans l&#8217;ordre des choses, ce n&#8217;est que plus tard que se poseront pour moi les diff\u00e9rences sociales et ce qui en d\u00e9coule dans les rapports entre les uns et les autres. Pour le moment, fallait bosser et, la toiture du r\u00e9servoir \u00e9tant \u00ab\u00a0impec\u00a0\u00bb, on m&#8217;avait mis en \u00e9quipe avec un Allemand, prisonnier de guerre (ou ancien prisonnier de guerre) qui sablait tout ce qui devait \u00eatre peint. <\/span><\/p>\n<p><span>Mon travail consistait \u00e0 remplir de sable bien sec une esp\u00e8ce de tr\u00e9mie m\u00e9tallique d&#8217;o\u00f9 sortait un tuyau muni d&#8217;une buse \u00e0 son extr\u00e9mit\u00e9. Un compresseur envoyait de l&#8217;air dans cet appareil, et le sable sortait de la buse sous pression. L\u2019Allemand, (il s&#8217;appelait Hans) le tuyau bien en main, sablait m\u00e9thodiquement, avec, sur la t\u00eate, un grand casque vitr\u00e9 qui le prot\u00e9geait des grains qui, par ricochet, le frappaient violemment. Apr\u00e8s le sablage, la ferraille apparaissait, comme neuve. Venaient alors les peintres au pistolet qui \u00e9talaient la peinture avec des gestes amples et qui couvraient tr\u00e8s rapidement des grandes surfaces \u2026 Tout cela m&#8217;\u00e9patait un peu. Chez nous, s&#8217;il nous arrivait de faire de la peinture, les moyens n&#8217;\u00e9taient pas les m\u00eames !!! Mais je ne me sentais pas la vocation et fus bien content de terminer mon contrat&#8230; <\/span><\/p>\n<p><span>D\u00e8s ma paie en poche, le v\u00e9lo r\u00e9vis\u00e9, en route pour notre p\u00e9riple. Je ne vais pas en faire le r\u00e9cit, je ne veux parler cette fois que de travail. Je peux simplement dire qu&#8217;il se passa pour ainsi dire, chaque jour, sous une pluie battante. Qu&#8217;il dura onze jours et qu&#8217;on fit pas loin de mille bornes. Sur, pas moins de 900, tremp\u00e9s comme des canards !!! C&#8217;est ce qui nous d\u00e9cida, l&#8217;ann\u00e9e suivante, \u00e0 partir vers le sud&#8230; d&#8217;o\u00f9 l&#8217;histoire pr\u00e9c\u00e9dente, avec mon copain D\u00e9d\u00e9, de la posti\u00e8re. Cette fois-l\u00e0 aussi, il me fallait gagner assez de bl\u00e9 pour pouvoir entreprendre ce nouveau voyage. <\/span><\/p>\n<p><span>Embauch\u00e9 cette fois \u00e0 l&#8217;usine \u00ab\u00a0Butagaz\u00a0\u00bb, au plombage. C&#8217;\u00e9tait le nom qui \u00e9tait donn\u00e9 \u00e0 cet endroit particulier de la boite. Bien qu&#8217;il me demanda \u00e0 deux reprises de le r\u00e9veiller pour venir se faire embaucher t\u00f4t le matin \u00e0 l&#8217;usine, mon copain se garda bien de se lever et, comme l&#8217;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, il attendit que je fasse mon mois de travail en vadrouillant, en allant se baigner \u00e0 la piscine ou dans la Seine\u00a0!! Le plombage, c&#8217;\u00e9tait un travail \u00e0 la cha\u00eene, moins pouss\u00e9 que dans \u00ab\u00a0les temps modernes\u00a0\u00bb de Charlot, mais tout aussi lassant et stressant. Le mien consistait \u00e0 mettre des collerettes en papier autour du robinet de la bouteille de gaz. A l&#8217;\u00e9poque, il fallait expliquer aux gens comment utiliser ces bouteilles. Une partie des explications se trouvaient sur ces collerettes, une autre sur un prospectus pli\u00e9 et fix\u00e9 par un \u00e9lastique au robinet. Les bouteilles arrivaient sur un tapis roulant. Elles venaient du remplissage, (je ne sais pas comment \u00e7a se passait, je n&#8217;ai jamais \u00e9t\u00e9 voir). Ensuite, des ouvriers, costauds, les plongeaient dans un grand bac de flotte (contr\u00f4le de fuite) et les remettaient sur le tapis. Je mettais ma collerette et, aussit\u00f4t apr\u00e8s, une femme mettait le prospectus, un peu plus loin, une autre fixait un fil de fer autour du robinet en le torsadant. Encore un peu plus loin, un homme enfilait les bouchons (perc\u00e9s), et, aussit\u00f4t apr\u00e8s, deux autres les vissaient. Quelques m\u00e8tres encore, une personne enfilait un plomb dans le fil et l&#8217;\u00e9crasait avec une pince pr\u00e9vue \u00e0 cet effet. Tout cela se faisait tr\u00e8s rapidement et il \u00e9tait fr\u00e9quent de se laisser d\u00e9border, d&#8217;\u00eatre oblig\u00e9 de laisser passer quelques bouteilles\u2026 ce qui \u00e9tait mal vu par les contrema\u00eetres qui supervisaient le bon avancement du travail. J&#8217;avais oubli\u00e9, tout au bout de la cha\u00eene, il y avait ceux qui chargeaient les bouteilles dans les camions. Des bal\u00e8zes, des durs, dont l&#8217;un d&#8217;entr&#8217;eux ne se g\u00eanait pas, parfois, quand le rythme du travail s&#8217;acc\u00e9l\u00e9rait trop, en douce, de venir dans notre secteur avec un bout de ferraille qu&#8217;il coin\u00e7ait entre le rail et les galets du tapis \u2026 Il repartait discr\u00e8tement, quand un \u00e9l\u00e9ment du tapis cassait du fait de son intervention\u00a0!!! Du coup, il fallait arr\u00eater le tapis et attendre qu&#8217;il soit r\u00e9par\u00e9. \u00c7a demandait bien vingt minutes. Toujours \u00e7a de pris\u2026 nous les jeunes embauch\u00e9s, on \u00e9tait dr\u00f4lement contents de cette interruption qui nous permettait de r\u00e9cup\u00e9rer et de d\u00e9conner un peu. Le m\u00eame ne se g\u00eanait pas non plus, quand il en avait le loisir, et quand une des filles (la mieux roul\u00e9e, forc\u00e9ment) \u00e9tait un peu d\u00e9bord\u00e9e par son travail, et trop absorb\u00e9e pour pouvoir protester vraiment, de venir la peloter malgr\u00e9 ses cris&#8230; mais aussi ses rires. Je n&#8217;approuvais pas trop ce genre de mani\u00e8re, c&#8217;\u00e9tait un peu d\u00e9plac\u00e9, ordinaire&#8230; Mais pour \u00eatre franc, j&#8217;aurai bien aim\u00e9, moi aussi, la peloter&#8230; \u00e0 la condition qu&#8217;elle soit d&#8217;accord&#8230; \u00c7a ne risquait pas de se produire, je devais \u00eatre pour elle comme son petit fr\u00e8re&#8230; ! Bon, voil\u00e0, un mois \u00e0 voir d\u00e9filer des bouteilles pour gagner quelques sous&#8230; <\/span><\/p>\n<p><span>Cette fois, suite \u00e0 cette exp\u00e9rience, bien d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 ne jamais plus bosser en usine. Je fis encore une fois une, disons \u00ab\u00a0tentative\u00a0\u00bb, sur les conseils de certains de mes copains qui s&#8217;\u00e9taient accommod\u00e9s de ce genre de travail et y trouvaient leur compte. C&#8217;\u00e9tait \u00e0 mon retour de l&#8217; arm\u00e9e, suite \u00e0 mon embauche dans la boite du Nord, avec l&#8217;appui de mon fr\u00e8re a\u00een\u00e9. Qui fut s\u00fbrement d\u00e9\u00e7u de me voir changer encore une fois d&#8217;orientation\u00a0!! <\/span><\/p>\n<p><span>On me mit \u00e0 un poste o\u00f9 le travail consistait \u00e0 mettre sur des tapis m\u00e9talliques (encore), des grosses balles de cellulose cercl\u00e9s de fils m\u00e9talliques. Cela s&#8217;effectuait avec un diable et, forc\u00e9ment, comme ces balles pesaient tr\u00e8s lourds, il y avait un coup \u00e0 prendre pour y parvenir sans dommage. Il y avait l\u00e0 des anciens, bien rod\u00e9s et pas peu fiers de savoir effectuer cette t\u00e2che sans coup f\u00e9rir&#8230; ! J&#8217;ai bataill\u00e9 un moment avant de les \u00e9galer. On ne se g\u00eanait pas pour me faire sentir que j&#8217;\u00e9tais pas dou\u00e9\u00a0!!! \u00c7a risquait pas de me donner des complexes, je voyais \u00e0 qui j&#8217;avais affaire&#8230; Je ne risquais pas avec les gus qui m&#8217;entouraient d&#8217;avoir la moindre conversation un tant soit peu int\u00e9ressante&#8230; mais fallait faire avec&#8230; pas le choix. J&#8217;alignais donc mes balles sur le tapis, coupais les fils de fer avec une cisaille et, quand il fallait alimenter la machine en cellulose, d\u00e9clencher le tapis qui avan\u00e7ait et faisait tomber les balles. Tout cela \u00e9tait malax\u00e9, m\u00e9lang\u00e9 avec d&#8217;autres produits et alimentait la machine, l&#8217;\u00e9norme machine d&#8217;o\u00f9 sortaient les rouleaux de papier. C&#8217;est extraordinaire \u00e0 voir cette fabrication, j&#8217;en conviens, mais le r\u00f4le que j&#8217;y jouais \u00e9tait sans aucun int\u00e9r\u00eat, et je m&#8217;en lassais rapidement. On m&#8217;envoyait \u00e9galement faire des remplacements \u00e0 la r\u00e2perie. Un genre de travail \u00e0 la cha\u00eene pour le moins r\u00e9p\u00e9titif et dur. Sur des wagonnets arrivaient des rondins de tout diam\u00e8tre, lourds, imbib\u00e9s de flotte. A ce poste, on \u00e9tait devant une machine appel\u00e9e \u00ab\u00a0d\u00e9fibreur\u00a0\u00bb. Dans ce grand atelier, il devait bien y en avoir une douzaine, avec chacun un homme pour l&#8217;alimenter en rondins. A l&#8217;int\u00e9rieur de ce d\u00e9fibreur, une grosse meule qui tournait rapidement, arros\u00e9e en permanence par une eau chaude et puante qui d\u00e9gageait de la vapeur et dans un bruit infernal. Cette meule, invisible de l&#8217;ext\u00e9rieur, se trouvait dans un b\u00e2ti en fonte muni de quatre logements avec chacun une porte. A l&#8217;int\u00e9rieur de chacun de ces logements, une presse actionn\u00e9e par des v\u00e9rins. Le r\u00f4le de ces v\u00e9rins \u00e9tait de pousser et d&#8217;\u00e9craser les rondins sur la meule&#8230; de d\u00e9fibrer le bois pour en faire, ajout\u00e9 \u00e0 d&#8217;autres ingr\u00e9dients, de la p\u00e2te \u00e0 papier. Notre travail, \u00e0 ce poste, c&#8217;\u00e9tait d&#8217;enfourner des rondins dans cette machine&#8230;\u00a0! Et c&#8217;\u00e9tait pas particuli\u00e8rement marrant\u00a0!!&#8230; ouvrir la porte de gauche, remplir le logement de rondins&#8230; refermer la porte, actionner la presse, recommencer la m\u00eame op\u00e9ration sur le second logement, puis sur le troisi\u00e8me\u2026 ouvrir enfin le quatri\u00e8me, se d\u00e9p\u00eacher de le bourrer dans l&#8217;espoir de souffler un peu&#8230;. actionner la presse&#8230; Mais d\u00e9j\u00e0, le premier est vide, la meule a tout rong\u00e9. Il n&#8217;y a plus qu&#8217;\u00e0 le recharger\u00a0!!!Impossible de tricher, si on ne remplit pas le d\u00e9fibreur, la meule fait un boucan d&#8217;enfer et le ou les contrema\u00eetres accourent\u00a0!!! Pas d&#8217;autre solution que de remplir sans mollir cette saloperie de machine&#8230; Je faisais ce travail occasionnellement, comme rempla\u00e7ant, et je me rendais bien compte que le responsable de l&#8217;endroit o\u00f9 j&#8217;avais mon poste habituel ne ratait pas une occasion de m&#8217;envoyer faire ces t\u00e2ches encore plus d\u00e9plaisantes. Il y avait aussi le chargement de rouleaux d&#8217;une mati\u00e8re qui entrait dans la composition de la p\u00e2te \u00e0 papier. Forc\u00e9ment lourds, humides&#8230; et les wagonnets de kaolin, remplis \u00e0 la pelle, trimbal\u00e9s dans l&#8217;usine et vid\u00e9s en les basculant \u00e0 des endroits bien d\u00e9termin\u00e9s et toujours pour alimenter la machine&#8230; et faire du beau papier bien blanc. Pour ma part et avec juste raison, je trouvais tous ces travaux chiants et je sentais bien que sans un poste plus int\u00e9ressant, je ne ferai pas de vieux os dans cette usine. Avec \u00e7a qu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e9poque, on faisait les trois \u00ab\u00a0huit\u00a0\u00bb, neuf jours dans chaque quart, une journ\u00e9e de repos&#8230; \u00c7a faisait pas lourd de week-ends par an !!! <\/span><\/p>\n<p><span>J&#8217;en \u00e9tais arriv\u00e9 \u00e0 d\u00e9tester cette usine, mais je ne devais pas \u00eatre fichu comme tout le monde&#8230; ! Mes coll\u00e8gues, mes copains, semblaient s&#8217;y plaire et projetaient sans la moindre h\u00e9sitation d&#8217;y passer leur vie. Forc\u00e9ment, il y avait dans ce choix une s\u00e9curit\u00e9 d&#8217;emploi que finalement je ne conna\u00eetrai jamais. Qui \u00e9tait dans le vrai, je n&#8217;ai pas la r\u00e9ponse. Probablement que je ne savais pas tr\u00e8s bien ce que je voulais, mais je savais ce que je ne voulais pas. Et c&#8217;\u00e9tait sur, je ne ferai pas carri\u00e8re dans ces lieux. Un beau jour, \u00e0 la surprise g\u00e9n\u00e9rale, (on ne quittait pas souvent une place dans cette usine), j&#8217;ai pris mon compte&#8230; j&#8217;avais quand m\u00eame tenu le coup pendant huit mois&#8230; Il y avait des influences dans mon proche entourage, sinon cette d\u00e9cision aurait \u00e9t\u00e9 prise bien plus t\u00f4t !!!<\/span><\/p>\n<p><span>Retour sur les chantiers, sans connaissance particuli\u00e8re, sans appui, que faire d&#8217;autre pour gagner sa vie honn\u00eatement\u00a0? Je ne voyais pas d&#8217;autre alternative. Je me suis mis \u00e0 la recherche d&#8217;un emploi dans les entreprises du b\u00e2timent. A Marseille, tout d&#8217;abord, quitte \u00e0 reprendre ces nouvelles activit\u00e9s, autant que ce soit dans le sud. \u00c7a ne dura qu&#8217;un temps, trop de frais, s\u00fbrement un salaire insuffisant&#8230; Adieu le soleil et retour en Normandie. Divers emplois, et puis une proposition de partir \u00e0 Lourdes, &#8230; pas comme p\u00e8lerin&#8230; seulement pour travailler \u00e0 la construction de la fameuse basilique souterraine !! <\/span><\/p>\n<p><span>C&#8217;\u00e9tait en plein hiver, il faisait dans ce pays un froid de voleur. Mon coll\u00e8gue et moi logions dans une piaule sous les toits. Il y faisait tellement froid qu&#8217;avant de nous glisser dans les draps, on br\u00fblait des feuilles de journaux sur le sol, histoire de faire monter un peu la temp\u00e9rature et de rendre le coucher plus agr\u00e9able\u00a0!! Je suis revenu de ce chantier bien d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 changer de branche. Le b\u00e2timent m&#8217;avait d\u00e9\u00e7u, aussi bien par ce qu&#8217;on nous demandait en rendement que ce qu&#8217;on nous proposait en salaire&#8230; La conjoncture en ce qui concernait l&#8217;emploi \u00e0 cette \u00e9poque \u00e9tait surtout favorable \u00e0 ce qui \u00e9tait li\u00e9 au p\u00e9trole. Il fallait m&#8217;orienter dans cette direction&#8230; Commencer forc\u00e9ment comme man\u0153uvre, j&#8217;ignorais tout des m\u00e9tiers en rapport. Embauch\u00e9 dans une boite qui construisait des r\u00e9servoirs pas loin de chez moi. <\/span><\/p>\n<p><span>Premi\u00e8re journ\u00e9e, o\u00f9 j&#8217;avais constat\u00e9 que la s\u00e9curit\u00e9 n&#8217;\u00e9tait pas trop respect\u00e9e, mais que le personnel semblait s&#8217;en accommoder et trouver \u00e7a normal\u2026 Qu&#8217;avais-je \u00e0 dire, moi la bleusaille devant cette situation\u00a0? Fin de la journ\u00e9e, le chef d&#8217;\u00e9quipe, (un fada du boulot toujours surexcit\u00e9) fait monter une derni\u00e8re t\u00f4le&#8230; je lui fait remarquer qu&#8217;il est, \u00e0 une minute pr\u00e8s, l&#8217;heure de la d\u00e9bauche et, forc\u00e9ment, je me fais envoyer sur les roses, que n&#8217;y connaissant rien, je n&#8217;avais pas \u00e0 la ramener. Je m&#8217;\u00e9crase donc et participe \u00e0 la mise en place de cette fameuse et derni\u00e8re t\u00f4le&#8230; Une fois qu&#8217;elle se trouve install\u00e9e, il faut encore accrocher le chariot qui a servi \u00e0 la mettre en place. Malheureusement, l&#8217;anneau qui avait servi \u00e0 l&#8217;accrocher \u00e0 la grue casse juste au-dessus de l&#8217;\u00e9chafaudage o\u00f9 nous nous trouvons tous. Le chariot tombe \u00e0 mes pieds, rebondit et frappe mon voisin en pleine poitrine qui, sous le choc, est projet\u00e9 dans le vide&#8230; Nous nous trouvons \u00e0 une dizaine de m\u00e8tres du sol. Je me penche et je vois notre coll\u00e8gue allong\u00e9, le haut du corps sur un tas de t\u00f4le, les jambes au sol, dans une dr\u00f4le de position et ne bougeant plus. Affolement&#8230; et puis secours&#8230; ambulance et d\u00e9part pour l\u2019h\u00f4pital&#8230; Je ne le connaissais pas, et je ne le revis jamais. \u00c7a commen\u00e7ait bien, mes nouvelles fonctions\u00a0!! Peu de temps apr\u00e8s, le burineur fit une chute, moins grave que la pr\u00e9c\u00e9dente, mais n\u00e9cessitant quand m\u00eame une hospitalisation. Et puis,cerise sur le g\u00e2teau, un jour, et \u00e7a me concerne vraiment, une t\u00f4le simplement pinc\u00e9e dans un syst\u00e8me de serrage faillit m&#8217;\u00e9craser. C&#8217;\u00e9tait l&#8217;incident de trop !! et qui, ce n&#8217;est pas une plaisanterie, aurait pu me co\u00fbter la vie. <\/span><\/p>\n<p><span>Mon apprentissage dans les travaux p\u00e9troliers se trouvait compromis, car, suite \u00e0 cette s\u00e9rie d&#8217;accidents, je quittais sans regrets cette turne qui aurait bien fini par avoir ma peau !!! J&#8217;avais \u00e9galement \u00e9crit \u00e0 des soci\u00e9t\u00e9s de recherche p\u00e9troli\u00e8re et je re\u00e7us aussi une ou deux propositions&#8230; \u00e0 laquelle je ne donnais pas suite. J&#8217;\u00e9tais tomb\u00e9 un jour sur un article, dans un magazine, parlant du salaire qu&#8217;avaient touch\u00e9 des soudeurs sur la pose d&#8217;un \u00ab\u00a0pipe-line\u00a0\u00bb dans le Sahara. \u00c7a m&#8217;avait fait r\u00eaver. Apr\u00e8s tout, la solution \u00e9tait peut-\u00eatre l\u00e0\u00a0!! apprendre \u00e0 souder (des tubes, et forc\u00e9ment, c&#8217;est moins \u00e9vident). Il y avait loin de la coupe aux l\u00e8vres&#8230; Je n&#8217;avais jamais utilis\u00e9 un poste \u00e0 souder et \u00e0 plus forte raison le moindre \u00e9lectrode&#8230; Je n&#8217;y connaissais rien en tuyauterie. \u00c7a n&#8217;allait pas \u00eatre facile. La seule solution que je pouvais envisager, c&#8217;\u00e9tait \u00e0 nouveau de me faire embaucher au tout premier \u00e9chelon et d&#8217;apprendre sur le tas. Il y avait une soci\u00e9t\u00e9 qui venait de s&#8217;installer dans la \u00ab\u00a0Shell\u00a0\u00bb. Je m&#8217;y pointais. Il y avait sur le parking de cette boite des voitures am\u00e9ricaines en quantit\u00e9. \u00c7a laissait supposer que leurs propri\u00e9taires avaient de bons salaires\u2026 <\/span><\/p>\n<p><span>Je fus embauch\u00e9 pour un salaire sup\u00e9rieur \u00e0 celui auquel je m&#8217;attendais et, d\u00e8s le lendemain, je pris mes fonctions. Il s&#8217;agissait pour moi de couper au chalumeau des tubes de tous les diam\u00e8tres et de toutes dimensions. Un peu de responsabilit\u00e9, ce qui m&#8217;avait valu un meilleur salaire. C&#8217;\u00e9tait pas pour autant le P\u00e9rou, mais j&#8217;\u00e9tais dans la place&#8230; Il ne me restait plus qu&#8217;\u00e0 me d\u00e9brouiller pour me faire la main. Ce n&#8217;\u00e9tait pas le mat\u00e9riel qui manquait, plut\u00f4t le temps pour l&#8217;utiliser. J&#8217;\u00e9tais embauch\u00e9 pour bosser\u00a0; pas pour me former. Cette boite, c&#8217;\u00e9tait pas un centre d&#8217;apprentissage. La seule solution, c&#8217;\u00e9tait de rester le soir, apr\u00e8s l&#8217;horaire l\u00e9gal et d&#8217;utiliser un poste \u00e0 souder, des \u00e9lectrodes, des morceaux de ferraille et de s\u2019entra\u00eener. Encore fallait-il avoir l\u00a0&#8216;accord d&#8217;un responsable. Ce n&#8217;est qu&#8217;apr\u00e8s avoir fait mes preuves qu&#8217;on m&#8217;en donna l&#8217;autorisation. C&#8217;\u00e9tait maintenant \u00e0 moi de jouer. Je me lan\u00e7ais \u00e0 fond dans la fonte des \u00e9lectrodes, et dans l&#8217;observation des vrais professionnels qui en connaissaient toutes les techniques. Le midi, pendant l&#8217;heure du repas, j&#8217;avalais en vitesse un casse-cro\u00fbte et, aussit\u00f4t apr\u00e8s, je me glissais sous l\u2019\u00e9tabli (m\u00e9tallique) pour souder \u00ab\u00a0au plafond\u00a0\u00bb, comme on dit, dans cette position la plus inconfortable techniquement et physiquement. C&#8217;est de cette fa\u00e7on que petit \u00e0 petit, et avec de la pers\u00e9v\u00e9rance que j&#8217;appris la profession heureusement recherch\u00e9e \u00e0 cette \u00e9poque. <\/span><\/p>\n<p><span>Dans les mois qui suivirent, mon statut changea quelque peu\u2026 Mon salaire aussi. On devait me consid\u00e9rer comme un bon \u00e9l\u00e9ment qui cherchait \u00e0 faire son trou dans la soci\u00e9t\u00e9\u00a0!!. Je voulais surtout devenir un excellent professionnel pour me permettre d&#8217;avoir des pr\u00e9tentions salariales inaccessibles jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent. Je me pr\u00e9parais des morceaux de tubes chanfrein\u00e9s que j&#8217;assemblais et que je soudais en position, comme \u00e7a se fait quand on passe un v\u00e9ritable test de soudure et qui vous permet, une fois cette homologation obtenue de travailler sur les tuyauteries p\u00e9trole\u2026 en un mot, \u00eatre reconnu&#8230; et surtout, beaucoup mieux pay\u00e9. C&#8217;\u00e9tait peut-\u00eatre une ambition modeste, mais c&#8217;\u00e9tait la seule qui me semblait \u00e0 cet instant, accessible. Je ne parle que de travail depuis pas mal de pages&#8230; c&#8217;est voulu&#8230; mais je tiens quand m\u00eame \u00e0 pr\u00e9ciser que parall\u00e8lement \u00e0 ce c\u00f4t\u00e9 laborieux de mon existence, il y en avait un autre fait de joie, d&#8217;insouciance, de f\u00eates, avec des copains et des copines, avec des amours&#8230; et sans les emmerdes !!! \u00c7a m\u00e9ritera peut-\u00eatre un jour un chapitre&#8230; <\/span><\/p>\n<p><span>Nous \u00e9tions dans les ann\u00e9es 56, 57, 58, ..59&#8230; J&#8217;avais entre 23 et 26 ans et je crois pouvoir dire les avoir bien v\u00e9cues&#8230; Revenons au boulot puisque ce r\u00e9cit en est la raison. Un jour, me sentant fin pr\u00eat, je demandais \u00e0 passer l&#8217;homologation. Je passe sur les d\u00e9tails, la venue des contr\u00f4leurs, pr\u00e9sents pour s&#8217;assurer que tout se passe dans les r\u00e8gles\u2026 Le contr\u00f4le visuel d&#8217;abord, bon, ce qui n&#8217;\u00e9tait pas si mal, et puis la radio. Un d\u00e9faut de reprise&#8230; faudra recommencer. Je prends date pour recommencer l&#8217;op\u00e9ration et, avec l&#8217;accord du chef de chantier me remet \u00e0 l\u2019entra\u00eenement d\u00e8s que \u00e7a m&#8217;est possible. A la deuxi\u00e8me tentative, j&#8217;obtiens la licence de soudeur sur tuyauterie p\u00e9trole. C&#8217;est pas grand chose, j&#8217;en conviens, mais \u00e0 cet instant, mon salaire, \u00e0 peu de chose pr\u00e8s, se trouve doubl\u00e9&#8230; ! Je reviens le lendemain \u00e0 l&#8217;atelier avec un moral d\u00e9cupl\u00e9\u00a0!! A cause de la conjoncture, le m\u00e9tier que j&#8217;avais appris en centre d&#8217;apprentissage n&#8217;embauchait pas, ne payait pas, (c&#8217;\u00e9tait la menuiserie) et une sp\u00e9cialisation comme celle o\u00f9 je m&#8217;\u00e9tais investie depuis quelques temps allait me permettre de gagner ma vie. Avec l&#8217;obligation fr\u00e9quente, cependant, de bouger. \u00c7a tombait bien, c&#8217;\u00e9tait mon objectif !! Tout le monde sait qu&#8217;ailleurs c&#8217;est toujours mieux. Je ne devais pas tarder \u00e0 en faire l&#8217;exp\u00e9rience&#8230; <\/span><\/p>\n<p><span>La boite nous proposait d\u00e9j\u00e0, \u00e0 un coll\u00e8gue dans mon cas et \u00e0 moi-m\u00eame, de partir sur un de ses chantiers, et pour cette fois, en Alg\u00e9rie. A Mers-el-K\u00e9bir. Pose d&#8217;une canalisation dans le port. Une fois les conditions satisfaites, sans trop nous soucier du conflit qui s&#8217;\u00e9tait amplifi\u00e9 depuis quelques temps, nous voil\u00e0 sur le pied de guerre et pr\u00eats \u00e0 partir. Je m&#8217;\u00e9tais pourtant promis, \u00e0 mon retour de l&#8217;arm\u00e9e de n&#8217;y plus revenir.\u00a0!! Je ne pouvais pas savoir \u00e0 l&#8217;\u00e9poque, que j&#8217;y retournerai, pour des raisons professionnelles, en 63&#8230; puis en 70\u00a0!!<\/span><\/p>\n<p><span>Fin du deuxi\u00e8me \u00e9pisode.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-indent: 1cm; margin-bottom: 0cm; text-align: left;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un jour, comme \u00e7a, j\u2019ai eu envie de peindre. \u00c7a venait sans doute de mes visites dans les galeries, les salons, les expos\u2026 lieux que je n\u2019avais jamais fr\u00e9quent\u00e9 (ou si peu) durant mon existence\u2026 plut\u00f4t laborieuse et \u00e9loign\u00e9e des choses artistiques\u2026 je ne reparle pas du processus qui m\u2019y a amen\u00e9\u2026 j\u2019ai du d\u00e9j\u00e0 &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/2013\/10\/09\/premiers-chantiers\/\" class=\"more-link\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\"> &#8220;PREMIERS CHANTIERS&#8221;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-218","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-souvenirs"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/218","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=218"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/218\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=218"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=218"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=218"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}