{"id":242,"date":"2013-11-26T18:36:19","date_gmt":"2013-11-26T17:36:19","guid":{"rendered":"http:\/\/charles.dehays.free.fr\/wordpress\/?p=242"},"modified":"2013-11-26T18:36:19","modified_gmt":"2013-11-26T17:36:19","slug":"apprentissage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/2013\/11\/26\/apprentissage\/","title":{"rendered":"APPRENTISSAGE"},"content":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s avoir obtenu mon certificat d&#8217;\u00e9tudes primaires, il f\u00fbt d\u00e9cid\u00e9 que j&#8217;irai en apprentissage&#8230; Et le choix de l&#8217;\u00e9tablissement se d\u00e9cida s\u00fbrement sur la proximit\u00e9 : le centre Henry Fayol, \u00e0 Grand-Couronne. Pas loin de 3 kilom\u00e8tres quand m\u00eame \u00e0 effectuer matin et soir et, forc\u00e9ment, \u00e0 pied. \u00e7a ne me posait pas probl\u00e8me. Je n&#8217;avais pas, et depuis toujours connu d&#8217;autre moyen de me d\u00e9placer, mises \u00e0 part les tr\u00e8s exceptionnelles sorties vers Rouen ou \u00e0 la campagne, chez ma grand-m\u00e8re, qui elles, se faisaient par le train. Cartable sous le bras, il y avait d\u00e9j\u00e0 pas mal de temps qu&#8217;il n&#8217;avait plus de poign\u00e9e, s&#8217;alourdissant de mois en mois par l&#8217;accumulation des livres et des cahiers, je faisais cette route sans rechigner. Parfois \u00e0 travers champs, et le long de la voie ferr\u00e9e, parfois en rejoignant la route nationale au niveau du chemin du Milthuit, ce qui devait apporter de la vari\u00e9t\u00e9 dans le parcours.<!--more-->Les cours commen\u00e7aient la plupart du temps par de l&#8217;instruction g\u00e9n\u00e9rale et une remise \u00e0 niveau pour les plus faibles. L&#8217;apr\u00e8s-midi, atelier. Le premier trimestre, nous passions d&#8217;un atelier \u00e0 l&#8217;autre, une bonne semaine dans chaque, pour nous faire conna\u00eetre les diff\u00e9rents m\u00e9tiers qu&#8217;il nous serait possible de pratiquer, suivant nos go\u00fbts et nos aptitudes. Ma\u00e7onnerie, avec, (je me souviens des noms) Mr. Quibel. En serrurerie, Fossard, toujours sur son v\u00e9lo de course, en \u00e9lectricit\u00e9, je ne me souviens pas&#8230;. En chaudronnerie, Leroy&#8230; En menuiserie, Mr. Layet, en ajustage, Popof&#8230; je ne me souviens que de son surnom !<br \/> Apr\u00e8s avoir t\u00e2t\u00e9 quelque peu \u00e0 chacune de ces professions, il fallait se d\u00e9cider. Pas question d&#8217;envisager autre chose, que des m\u00e9tiers du b\u00e2timent. La France \u00e9tait \u00e0 reconstruire et nous \u00e9tions la jeunesse qui en serait charg\u00e9e !! Tout \u00e0 l&#8217;honneur de mes parents de m&#8217;avoir donn\u00e9 cette possibilit\u00e9 avec les tr\u00e8s modestes moyens dont ils disposaient. Mon choix se fit sur la menuiserie&#8230; Le bois m&#8217;avait sembl\u00e9 plus agr\u00e9able \u00e0 travailler que la ferraille&#8230; et puis, dans l&#8217;atelier, \u00e7a sentait bon. Ce sont probablement les seules crit\u00e8res qui guid\u00e8rent mon choix. Les possibilit\u00e9s que m&#8217;offrirait le m\u00e9tier, je n&#8217;y pensais pas. Je ne devais pas \u00eatre encore en mesure d&#8217;\u00e9valuer ce que pourrait \u00eatre mon avenir&#8230; et mes parents ne pas savoir tr\u00e8s bien quoi me conseiller. Je sais depuis longtemps que ces trois ann\u00e9es pass\u00e9es dans ce centre m&#8217;auront \u00e9t\u00e9 profitables, m\u00eame si les circonstances ne m&#8217;ont pas permis de pratiquer ce m\u00e9tier. Les gens qui s&#8217;effor\u00e7aient de nous former, professionnellement, intellectuellement par une instruction g\u00e9n\u00e9rale peut-\u00eatre \u00e9l\u00e9mentaire \u00e9taient des types bien qui pratiquaient leur m\u00e9tier d&#8217;enseignants avec conscience et rigueur et j&#8217;ai en moi comme un regret de ne pas, dans les ann\u00e9es qui ont suivies, leur avoir dit toute l&#8217;estime et le respect que j&#8217;avais pour eux.<br \/> La premi\u00e8re ann\u00e9e se passa pour moi sans difficult\u00e9. Je n&#8217;avais pas trop d&#8217;effort \u00e0 faire pour obtenir de bonnes notes&#8230; et, ayant compris cela, d\u00e8s que \u00e7a m&#8217;\u00e9tait possible par l&#8217;emploi du temps, (\u00e9tude, sport ou travaux d&#8217;entretien), je m&#8217;\u00e9chappais par un trou de la cl\u00f4ture et faisais l&#8217;\u00e9cole buissonni\u00e8re&#8230; ce que je n&#8217;avais jamais os\u00e9 faire durant ma pr\u00e9c\u00e9dente scolarit\u00e9. Je craignais forc\u00e9ment que mes parents en soient inform\u00e9s, mais, en m\u00eame temps, et pour moi, en prenant ce risque, j&#8217;avais le sentiment de m&#8217;affirmer, de surpasser mes copains qui se d\u00e9gonflaient de le prendre. Je me tra\u00eenais dans la for\u00eat ou au bord de la Seine, avec un peu la crainte de rencontrer un adulte me connaissant et pouvant pr\u00e9venir ma famille. Et puis,fatigu\u00e9 par l&#8217;escapade, je me d\u00e9cidais \u00e0 rentrer \u00e0 la maison.<br \/> En fin de premi\u00e8re ann\u00e9e, au cours d&#8217;une de ces sorties clandestines, il m&#8217;arriva une m\u00e9saventure, bien banale mais qui m&#8217;obligea \u00e0 un travail fastidieux mais qui valait toutes les r\u00e9visions. Pour m&#8217;\u00e9chapper du centre, je passais au milieu des tas de rondins stock\u00e9s sur le terrain de la papeterie SONOPA voisine du centre d&#8217;apprentissage. \u00c7a m&#8217;aidait \u00e0 quitter les lieux discr\u00e8tement. Je me retrouvais ensuite dans des prairies boueuses, pleines de bosquets et coup\u00e9es \u00e7a et l\u00e0 par de petits ruisseaux qu&#8217;il me fallait sauter en \u00e9vitant de tomber dedans. Oblig\u00e9 pour y parvenir sans dommage, de jeter auparavant sur l&#8217;autre rive mon cartable qui m&#8217;embarrassait. J&#8217;avais jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent toujours r\u00e9ussi l&#8217;op\u00e9ration. Cette fois, la chance ne devait pas \u00eatre de mon c\u00f4t\u00e9 car je vis mon cartable pourtant projet\u00e9 de toutes mes forces, d\u00e9valer le foss\u00e9 et tomber dans la flotte, plut\u00f4t profonde \u00e0 cet endroit!!Il n&#8217;y avait qu&#8217;un tr\u00e8s l\u00e9ger courant mais suffisant pour m&#8217;en retarder la r\u00e9cup\u00e9ration. Quand je parvins enfin \u00e0 le sortir de l&#8217;eau, je pressentais le d\u00e9sastre ! Mes bouquins \u00e9taient d\u00e9tremp\u00e9s et dans un piteux \u00e9tat&#8230; mais utilisables apr\u00e8s quelques heures de s\u00e9chage&#8230; Quand aux cahiers, toutes les pages o\u00f9 je m&#8217;\u00e9tais tellement appliqu\u00e9 \u00e0 \u00e9crire devoirs et le\u00e7ons, ce n&#8217;\u00e9tait plus, pour les 80% d&#8217;entr-eux, qu&#8217;un barbouillis d&#8217;encre bleue qui les rendait totalement inutilisables, et impossibles \u00e0 pr\u00e9senter. Je rentrais ce jour l\u00e0 \u00e0 la maison un peu attrist\u00e9 par cette m\u00e9saventure et sachant d\u00e9j\u00e0 ce qui m&#8217;attendait : r\u00e9\u00e9crire tous les cahiers salis et illisibles !! La corv\u00e9e !&#8230; Plus question de m&#8217;\u00e9chapper quand il n&#8217;y avait pas cours&#8230; ou pendant les heures d&#8217;\u00e9tudes ! Chaque moment disponible \u00e9tait consacr\u00e9 \u00e0 la remise en \u00e9tat de tous ces \u00e9crits. \u00c7a m&#8217;avait valu mes quelques \u00e9conomies pour me racheter des cahiers&#8230; et la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;en emprunter les textes aux copains pour les recopier.<br \/> Bon, j&#8217;\u00e9tais gu\u00e9ri pour un moment de l&#8217;\u00e9cole buissonni\u00e8re ! Le seul c\u00f4t\u00e9 positif dans l&#8217;histoire fut cette relecture rendue obligatoire de ce que nous avions \u00e9tudi\u00e9 au cours de l&#8217;ann\u00e9e et qui fit de moi un des meilleurs de la classe au cours des interrogations de fin d&#8217;ann\u00e9e !!! Il m&#8217;arrivait souvent, avant de partir au centre, d&#8217;aller tout d&#8217;abord chercher le pain chez M\u00e9nard, notre boulanger, qui avait sa boutique tout en bas de Petit-Couronne, rue Pierre Corneille. Fallait bien compter plus d&#8217;une demi-heure pour effectuer l&#8217;aller et retour&#8230; je consid\u00e9rais \u00e7a comme un bon entra\u00eenement, pas comme une corv\u00e9e et j&#8217;en profitais, au retour pour manger la pes\u00e9e que la boulang\u00e8re ajoutait au pain pour faire le bon poids. Rassasi\u00e9, je prenais mon cartable et repartais sans tra\u00eener. Je croisais en route toutes sortes de gens, mais surtout des ouvriers ou des employ\u00e9s qui partaient \u00e0 leur travail&#8230; et, la plupart du temps, \u00e0 pied, ou \u00e0 bicyclette. La bagnole, dans ces ann\u00e9es-l\u00e0, personne n&#8217;y songeait encore. Les rares personnes qui en poss\u00e9daient une la sortaient le dimanche&#8230; Le long de la route, face \u00e0 la raffinerie, il y avait des bistros qui faisaient restaurant&#8230; plut\u00f4t cantine, je suppose, pour nourrir une main d\u2019\u0153uvre qui devenait de jour en jour plus nombreuse dans la r\u00e9gion.<br \/> Nous \u00e9tions en 1947, peu de temps apr\u00e8s la guerre&#8230; c&#8217;\u00e9tait le plein emploi !! De ces bistros sortaient souvent des clients plus qu&#8217;\u00e9m\u00e9ch\u00e9s et j&#8217;assistais parfois \u00e0 des sc\u00e8nes qui valaient le d\u00e9tour et m&#8217;ouvraient les yeux sur les choses de la vie. Parfois des pugilats, plus souvent de la grosse rigolade. Le matin, je doublais souvent un homme d&#8217;un certain \u00e2ge (surtout pour moi qui n&#8217;avait pas 15ans), que je connaissais, -une personnalit\u00e9 dans la commune, genre s\u00e9nateur- d&#8217;ailleurs il en avait la d\u00e9marche, c&#8217;est pour cela que je le doublais presque chaque jour, nos horaires \u00e9tant \u00e0 peu de choses pr\u00e8s les m\u00eames. On m&#8217;avait appris \u00e0 dire bonjour et je ne manquais pas de le saluer bien poliment. Je sentais bien dans sa r\u00e9ponse comme une esp\u00e8ce de condescendance. Faut dire qu&#8217;on n&#8217;\u00e9tait pas du m\u00eame monde&#8230; et \u00e7a sautait aux yeux. Toujours v\u00eatu d&#8217;un costume impeccable, cravat\u00e9, le melon sur la t\u00eate, \u00e9l\u00e9gant, distingu\u00e9, un par-dessus tr\u00e8s chic et s\u00fbrement tr\u00e8s confortable d\u00e8s qu&#8217;il faisait un peu frisquet, par comparaison, mes modestes frusques devaient d\u00e9tonner. Tout cela ne me g\u00eanait en aucune mani\u00e8re, les diff\u00e9rences de statut social ne m&#8217;atteignaient pas encore&#8230; Et puis, je savais confus\u00e9ment qu&#8217;il avait une grosse situation \u00e0 la SHELL&#8230; Peut-\u00eatre m\u00eame qu&#8217;il \u00e9tait directeur&#8230; !<br \/> J&#8217;ai assist\u00e9 un matin \u00e0 une sc\u00e8ne qui lui enleva toute cette superbe et qui, en ce qui me concerne, me troubla quelque peu. Il me semblait qu&#8217;un personnage aussi digne, cossu, repr\u00e9sentant en quelque sorte la bourgeoisie de notre commune devait \u00eatre irr\u00e9prochable, inattaquable sur ses comportements, puisqu&#8217;en plus, chaque dimanche matin, il ne manquait pas la messe, accompagn\u00e9 de son \u00e9pouse et ayant une place r\u00e9serv\u00e9e dans le ch\u0153ur, au milieu des culs b\u00e9nis de la paroisse. Ce jour-l\u00e0, nous nous trouvions ensemble devant l&#8217;un des troquets qui faisaient face \u00e0 l&#8217;usine. Je venais s\u00fbrement de le saluer comme \u00e0 l&#8217;accoutum\u00e9 quand je vis surgir du bistro un \u00e9nergum\u00e8ne plus que surexcit\u00e9 et peut-\u00eatre d\u00e9j\u00e0 bien \u00e9m\u00e9ch\u00e9 malgr\u00e9 l&#8217;heure matinale. Je le connaissais. C&#8217;\u00e9tait le p\u00e8re d&#8217;un copain d&#8217;\u00e9cole, r\u00e9put\u00e9 pour son go\u00fbt pour toutes sortes de boissons alcoolis\u00e9es, avec une forte pr\u00e9f\u00e9rence pour le pastis, bien que \u00e7a ne sert vraiment \u00e0 rien de le pr\u00e9ciser. Il \u00e9tait mal fagot\u00e9, pas tr\u00e8s frais, semblait dr\u00f4lement remont\u00e9 et la raison de sa col\u00e8re semblait \u00eatre ce personnage que je rencontrais chaque jour. Il avait tout de l&#8217;arsouille avec sa casquette de traviole, son foulard rouge, ses rouflaquettes et, s&#8217;il avait sorti de sa poche un surin, \u00e7a ne m&#8217;aurait pas tellement surpris. On n&#8217;en \u00e9tait pas l\u00e0. Pour l&#8217;instant, il injuriait le p\u00e8re Tannet (c&#8217;\u00e9tait le nom du bonhomme), le traitant de vieux d\u00e9gueulasse et que je vais te casser la gueule, esp\u00e8ce de gros pourri&#8230; J&#8217;\u00e9tais sci\u00e9 de voir ce gugusse user de mots aussi grossiers envers cet homme qui repr\u00e9sentait pour moi, \u00e0 l&#8217;\u00e9poque, l&#8217;ordre, la droiture, celui qui faisait les discours dans les c\u00e9r\u00e9monies, genre rassemblement devant le monument aux morts&#8230; et roulement de tambour. J&#8217;assistais donc \u00e0 la sc\u00e8ne, me tenant un peu \u00e0 l&#8217;\u00e9cart, mais n&#8217;en perdant pas une miette. Voil\u00e0 un \u00e9v\u00e9nement qui changeait mon quotidien. Le p\u00e8re Tannet, de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9 de la route, avait, me semblait-il pris ces injures de haut&#8230; \u00e7a devait pas \u00eatre la bonne m\u00e9thode car \u00ab Zo \u00bb, (c&#8217;\u00e9tait son surnom) \u00e9nerv\u00e9 par la r\u00e9plique traversa la route en courant. Ce faisant, il faisait tournoyer sa musette au-dessus de sa t\u00eate, la tenant par la courroie. Il en ass\u00e9na tout d&#8217;abord un coup \u00e0 toute vol\u00e9e sur la t\u00eate de Tannet dont le beau chapeau roula dans la gadoue, (le temps \u00e9tait \u00e0 la pluie). Et puis il lui envoya quelques coups de poings en m\u00eame temps qu&#8217;il lui faisait un croche-pied&#8230; Voil\u00e0 Tannet au sol, n&#8217;ayant pour ainsi dire pas r\u00e9pliqu\u00e9 \u00e0 l&#8217;attaque. Zo continuait de le frapper, mais surtout de l&#8217;injurier : \u00ab Fumier, je sais que tu me fais cocu, mais \u00e7a ne va pas se passer comme \u00e7a, esp\u00e8ce d&#8217;enfoir\u00e9, je vais te faire la peau \u00bb&#8230; Sa musette tournoya encore une fois et l&#8217;atteignit au visage. Ce fut le dernier coup port\u00e9. Deux ou trois clients \u00e9taient sortis du bistro et emp\u00eachaient Zo de continuer de frapper le malheureux! Par contre, ils ne purent l&#8217;emp\u00eacher de gueuler sa col\u00e8re et dans des termes des plus ordinaires et grossiers. Le pauvre p\u00e8re Tannet se relevait p\u00e9niblement, son superbe manteau tout macul\u00e9, le visage tum\u00e9fi\u00e9, s\u00fbrement mortifi\u00e9 d&#8217;avoir un si mauvais r\u00f4le dans cette affaire et que j&#8217;en sois le t\u00e9moin. Il ramassa son chapeau et s\u2019effor\u00e7a de repartir dignement. Mais il me sembla que le c\u0153ur n&#8217;y \u00e9tait plus. L&#8217;humiliation avait \u00e9t\u00e9 trop forte et, par la suite, il ne r\u00e9pondit plus \u00e0 mon salut. Probablement qu&#8217;il voulait mettre comme une esp\u00e8ce de distance entre cet \u00e9v\u00e9nement et ma modeste personne qui en avait \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin !&#8230;<br \/> Pourquoi avoir parl\u00e9 de \u00e7a dans ce r\u00e9cit \u00ab apprentissage \u00bb&#8230; Je crois que si \u00e7a ne fait pas partie du m\u00e9tier proprement dit, \u00e7a fait partie des choses de la vie qui vous ouvrent les yeux sur le comportement des gens, sur leur apparence, leur moralit\u00e9, leur hypocrisie. Il est probable que je suis reparti ce jour l\u00e0 un peu troubl\u00e9 par la violence de l\u2019\u00e9v\u00e9nement, quand m\u00eame inhabituel, et que je n&#8217;ai pas oubli\u00e9 malgr\u00e9 les ann\u00e9es. Ce que j&#8217;ai omis de pr\u00e9ciser, c&#8217;est que Tannet \u00e9tait un homme imposant, grand, massif, donnant un impression de force, de puissance&#8230; alors que Zo \u00e9tait petit, sec et n&#8217;avait vraiment rien d&#8217;un costaud&#8230; Et que malgr\u00e9 cette diff\u00e9rence physique, c&#8217;est lui qui avait eu le dessus et sans difficult\u00e9 puisqu&#8217;il n&#8217;y avait pour ainsi dire pas eu de r\u00e9plique&#8230;<br \/> \u00c7a m&#8217;encouragea peut \u00eatre \u00e0 me mesurer avec les copains&#8230; \u00e0 la loyale&#8230; la lutte&#8230; pas de coups de poings. Je m&#8217;en sortais pas trop mal. A condition d&#8217;\u00e9viter les plus bal\u00e8zes. Il y a des diff\u00e9rences physiques qui dissuadent de s&#8217;affronter. Un jour, entre deux cours, et je ne me souviens plus de la cause, je me bagarrais &#8216;pour de bon&#8217; avec un gars de la m\u00eame ann\u00e9e,(\u00e0 peine 15 ans). J&#8217;eus beau utiliser toutes mes possibilit\u00e9s, mes meilleures prises, rien \u00e0 faire, je ne tardais pas \u00e0 me retrouver le nez dans la poussi\u00e8re, totalement immobilis\u00e9. Ah, la vache, il \u00e9tait autrement meilleur que moi \u00e0 la lutte et beaucoup plus costaud !! Bien oblig\u00e9 d&#8217;accepter la d\u00e9faite, contraint et forc\u00e9&#8230; et vex\u00e9 de perdre la face devant les copains. Petite blessure d&#8217;amour-propre qui sert de le\u00e7on.<br \/> Faut trouver d&#8217;autres moyens quand on n&#8217;est pas baraqu\u00e9 pour se distinguer des autres et \u00eatre quand m\u00eame parmi les meilleurs. En sport, je brillais pas particuli\u00e8rement. Bien oblig\u00e9 de constater qu&#8217;\u00e0 la bagarre, je ne ferais pas le poids. Il ne me restait plus, pour me singulariser un peu, que d&#8217;\u00eatre parmi les premiers de la classe et de l&#8217;atelier Je me mis \u00e0 compter de ce jour s\u00e9rieusement \u00e0 l&#8217;ouvrage et visais d\u00e9sormais les meilleures notes&#8230; (Fin du deuxi\u00e8me trimestre.) !!!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s avoir obtenu mon certificat d&#8217;\u00e9tudes primaires, il f\u00fbt d\u00e9cid\u00e9 que j&#8217;irai en apprentissage&#8230; Et le choix de l&#8217;\u00e9tablissement se d\u00e9cida s\u00fbrement sur la proximit\u00e9 : le centre Henry Fayol, \u00e0 Grand-Couronne. Pas loin de 3 kilom\u00e8tres quand m\u00eame \u00e0 effectuer matin et soir et, forc\u00e9ment, \u00e0 pied. \u00e7a ne me posait pas probl\u00e8me. 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