{"id":292,"date":"2014-11-02T19:23:37","date_gmt":"2014-11-02T18:23:37","guid":{"rendered":"http:\/\/charles.dehays.free.fr\/wordpress\/?p=292"},"modified":"2014-11-02T19:23:37","modified_gmt":"2014-11-02T18:23:37","slug":"chantier-diran-suite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/2014\/11\/02\/chantier-diran-suite\/","title":{"rendered":"Chantier d&#8217;Iran. (Suite)"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">Il y a plus d&#8217;un an que j&#8217;avais racont\u00e9 quelques p\u00e9rip\u00e9ties que j&#8217;avais connues durant le chantier effectu\u00e9 en Iran, \u00e0 Mashhad, pour \u00eatre plus pr\u00e9cis et en 1977\u2026 Il y \u00e9tait question de distance entre le lieu o\u00f9 nous r\u00e9sidions et notre lieu de travail\u2026 De la solution que nous avions trouv\u00e9 pour ne plus avoir \u00e0 parcourir tous ces kilom\u00e8tres\u2026 et de l&#8217;obligation d&#8217;y renoncer \u00e0 cause de la montagne aux cobras proche de notre bivouac\u2026 Nous nous \u00e9tions donc r\u00e9sign\u00e9s \u00e0 refaire la route, matin et soir, de la ville o\u00f9 nous logions et le Mosduran, lieu de notre d\u00e9p\u00f4t. Une bonne centaine de kilom\u00e8tres. A partir de ce d\u00e9p\u00f4t, encore trente, cette fois de piste. Commen\u00e7ait alors notre travail, sous un soleil qui d\u00e9j\u00e0, malgr\u00e9 l&#8217;heure matinale, cognait dur\u2026 Mais tout cela n&#8217;\u00e9tait pas n\u00e9gatif et le sentiment de libert\u00e9 qu&#8217;on ressentait nous aidait s\u00fbrement \u00e0 supporter les inconv\u00e9nients de nos laborieuses occupations. D&#8217;ailleurs, je n&#8217;en aborderais pas le c\u00f4t\u00e9 technique, c&#8217;est sans int\u00e9r\u00eat pour quelqu&#8217;un qui n&#8217;a pas une connaissance professionnelle de ce travail. Quitte \u00e0 me r\u00e9p\u00e9ter, je l&#8217;aurai peut-\u00eatre aim\u00e9 sans les p&#8217;tits chefs. Ils \u00e9taient l\u00e0, la plupart du temps inutiles\u2026 mais fallait faire avec\u2026 J&#8217;en reparlerai une autre fois.<!--more--><\/p>\n<p align=\"justify\">Pour le moment, nous avions donc repris ce fameux trajet comme auparavant. Nous en avions pris notre parti et nous organisions pour ne pas rentrer trop tard\u2026 tout en ayant aucun reproche \u00e0 recevoir de la part de la direction, repr\u00e9sent\u00e9e sur ce chantier (qui n&#8217;\u00e9tait qu&#8217;un point sp\u00e9cial de l&#8217;ensemble du pipe-line \u00e0 poser) par un conducteur de travaux qui nous laissait une paix royale dans la mesure o\u00f9 le boulot \u00e9tait fait et bien fait. Comme nous \u00e9tions dot\u00e9s d&#8217;un v\u00e9hicule personnel, libres de nos mouvements et ind\u00e9pendants du reste de l&#8217;\u00e9quipe, nous passions presque d&#8217;agr\u00e9ables moments\u2026 bref, le s\u00e9jour devenait tout \u00e0 fait supportable.<\/p>\n<p align=\"justify\">Nous partions t\u00f4t le matin, apr\u00e8s le petit d\u00e9jeuner, une \u00e9tape sur le march\u00e9 de Mashhad pour acheter melons et past\u00e8ques, qui, en plus d&#8217;am\u00e9liorer l&#8217;ordinaire\u00a0; nous rafra\u00eechissaient au cours de la journ\u00e9e. Apr\u00e8s les quartiers \u00e0 l&#8217;europ\u00e9enne, nous traversions des zones \u00e0 l&#8217;aspect plus proche du bidonville que de la cit\u00e9 moderne. Le genre d&#8217;endroit que \u00ab\u00a0monsieur docteur\u00a0\u00bb, un iranien effectivement m\u00e9decin qui parlait fran\u00e7ais et venait presque journellement nous rendre visite et qui, malgr\u00e9 mon insistance n&#8217;a jamais voulu nous emmener dans ces lieux qui risquaient de ternir l&#8217;image qu&#8217;il voulait nous donner de l&#8217;Iran\u2026 et de Mashhad\u2026 D&#8217;ailleurs, il r\u00e9p\u00e9tait toujours\u00a0: \u00ab\u00a0C&#8217;est beau la Mashhad\u00a0\u00bb. Toujours pr\u00eat \u00e0 nous emmener voir les hauts lieux de la ville, les endroits les plus chics\u2026 Quand \u00e0 la mis\u00e8re qui y s\u00e9vissait, pas question de nous la faire voir. Il voulait s\u00fbrement que nous repartions avec une tr\u00e8s bonne impression de son pays et de l&#8217;atmosph\u00e8re qui y r\u00e9gnait. Ce n&#8217;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pas le r\u00eave \u00e0 l&#8217;\u00e9poque\u2026 Mais peu apr\u00e8s notre d\u00e9part et celui de la soci\u00e9t\u00e9 pour laquelle nous bossions, renversement du Shah et prise du pouvoir par Khomeiny, un barbu fanatique qui a s\u00e9vi quelques ann\u00e9es et n&#8217;a pas d\u00fb \u00eatre particuli\u00e8rement tendre avec ses opposants. Bien content de n&#8217;\u00eatre plus dans le pays\u2026 M\u00eame si leurs probl\u00e8mes ne nous concernait pas, je me suis trouv\u00e9 en 69 en Lybie, apr\u00e8s la mise en place du r\u00e9gime de Kadafy\u2026 merci bien et bonjour l&#8217;ambiance. Mais une fois de plus, je m&#8217;\u00e9gare\u2026 et je reviens \u00e0 notre s\u00e9jour de 77 en Iran\u2026<\/p>\n<p align=\"justify\">A peine sortis des bidonvilles, c&#8217;\u00e9tait le d\u00e9sert de pierres et de sable. Peu de v\u00e9g\u00e9tations, quelques v\u00e9hicules\u2026 des motos. Encore quelques kilom\u00e8tres, des bandes de chiens errants qui galopaient apr\u00e8s notre v\u00e9hicule en aboyant\u2026 pas rassurants. Ensuite nous traversions un village dont les habitations \u00e9taient en terre battue, avec de minuscules ouvertures. Presque jamais personne, mise \u00e0 part quelques enfants, des chiens minables et des poules. Nous roulions tout doucement en le traversant. Nous avions \u00e9t\u00e9 pr\u00e9venu que si par malheur nous renversions quelqu&#8217;un et malgr\u00e9 le d\u00e9sir que nous aurions eu de lui porter secours, il fallait absolument s&#8217;abstenir et fuir sans d\u00e9lai et le plus rapidement possible. C&#8217;\u00e9tait arriv\u00e9, para\u00eet-il, et le chauffeur, plein de bonne volont\u00e9 \u00e9tait descendu de son v\u00e9hicule, comme \u00e7a se fait dans la plupart des cas chez nous. Les gens du village, sans la moindre explication, l&#8217;avaient lynch\u00e9 sur place\u2026 et \u00e0 mort\u2026\u00a0! Voil\u00e0 pourquoi nous redoublions d&#8217;attention \u00e0 cet endroit.<\/p>\n<p align=\"justify\">Autre particularit\u00e9, \u00e0 des kilom\u00e8tres et des kilom\u00e8tres de toute habitation, au bord de la route, il y avait une cabane fa\u00eete de bric et de broc, des morceaux de t\u00f4le ondul\u00e9e, une b\u00e2che rapi\u00e9c\u00e9e pour s&#8217;abriter du soleil, deux ou trois caisses, des cagettes\u2026\u00a0! Tr\u00f4nant au milieu du bric-\u00e0-brac, un Iranien qui vendait quelques bricoles, des fruits\u2026 qui devait faire du th\u00e9\u2026 mais qui vous sortait, (et \u00e7a m&#8217;a toujours surpris) , un coca-cola qui avait la m\u00eame saveur\u2026 encore faut-il l&#8217;aimer\u00a0?\u2026 que les coca-cola que l&#8217;on nous sert bien frais aux terrasses des brasseries, sous tous les climats et dans n&#8217;importe quel pays\u2026 La boisson miracle, transport\u00e9e dans les pires conditions, dans le froid ou sous un soleil de plomb et dans une chaleur intense, de par sa composition chimique et pour peu qu&#8217;il soit servi frais a toujours le m\u00eame go\u00fbt et ne s&#8217;est pas d\u00e9natur\u00e9e. Je ne fais pas pour autant la promotion de cette boisson\u2026 pr\u00e9sente partout o\u00f9 je suis pass\u00e9\u2026 N&#8217;emp\u00eache que je vois mal nos boissons pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es (est-il besoin de les citer) \u00eatre encore consommables apr\u00e8s avoir subies de tels traitements\u2026 Tout cela, histoire de causer.<\/p>\n<p align=\"justify\">Je reviens \u00e0 nos aller-retour. A une trentaine de kilom\u00e8tres de la ville, il y avait un pont qui passait au-dessus d&#8217;une soi-disant rivi\u00e8re\u2026 Jamais vu le moindre filet d&#8217;eau dans son lit\u2026 Faut dire que depuis notre arriv\u00e9e, il faisait une chaleur infernale et jamais vu le moindre nuage\u2026 et, cela va de soi, pas la moindre goutte d&#8217;eau non plus\u2026 Encore trente \u00e0 quarante kilom\u00e8tres, pas tr\u00e8s loin du Mosduran, une autre rivi\u00e8re\u2026 avec un pont pour la traverser\u2026 rivi\u00e8re \u00e9galement ass\u00e9ch\u00e9e. Pour \u00eatre franc, nous n&#8217;y pr\u00eations pas beaucoup attention.<\/p>\n<p align=\"justify\">Depuis quelques jours, la temp\u00e9rature, d\u00e9j\u00e0 \u00e9prouvante, \u00e9tait mont\u00e9e de quelques degr\u00e9s et en plus lourd\u2026 Dans l&#8217;apr\u00e8s-midi, \u00e0 l&#8217;horizon, le ciel s&#8217;\u00e9tait couvert. J&#8217;avais entendu l&#8217;orage tonner au loin, sans y faire bien attention. Notre travail termin\u00e9, comme d&#8217;habitude, apr\u00e8s avoir fait le plein de carburant, retour vers Mashhad. Pas de probl\u00e8me particulier en cours de route\u2026 Par contre, \u00e0 notre arriv\u00e9e pr\u00e8s de la seconde rivi\u00e8re, une file de camions, de voitures, de motos occupent les deux c\u00f4t\u00e9s de la route\u2026 Sans compter les hommes et les bourricots\u2026! Nous nous approchons\u2026 Un v\u00e9ritable fleuve nous barre la route. On ne voit plus le pont.totalement submerg\u00e9. Le courant est fort, rapide, transportant branchages en quantit\u00e9, boue et cailloux. L&#8217;orage dans la montagne avait provoqu\u00e9 ce torrent. Le probl\u00e8me qui se posait pour nous \u00e9tait soi de rester o\u00f9 nous \u00e9tions\u2026 et, pour le soir, rien \u00e0 manger\u2026 dormir dans la voiture\u2026 pas tr\u00e8s reposant\u2026 ou alors, tenter la travers\u00e9e\u2026 J&#8217;aurai bien aim\u00e9, avant de m&#8217;y risquer, que le niveau baisse un peu. Comme ce pont n&#8217;avait pas de muret, pas de parapet, nous n&#8217;avions aucun rep\u00e8re\u2026 Que de la flotte\u2026 et qui coulait violemment et sur pas moins de 200 m\u00e8tres de large. Si nous nous engageons et que le courant nous emporte, nous nous retrouvons cul par dessus t\u00eate dans le bouillon avec toutes les salet\u00e9s qu&#8217;il transporte\u2026\u00a0!<\/p>\n<p align=\"justify\">Faut se d\u00e9cider. Aujourd&#8217;hui, avec la distance aussi bien dans l&#8217;espace que dans le temps, \u00e7a peut sembler tout simple\u00a0! C&#8217;\u00e9tait pas tout \u00e0 fait \u00e7a sur le moment\u2026 malgr\u00e9 tout, apr\u00e8s s&#8217;\u00eatre consult\u00e9, nous avons d\u00e9cid\u00e9 la travers\u00e9e. Personne n&#8217; avait encore tent\u00e9 de le faire et nous en avions \u00e9valu\u00e9 les risques. C&#8217;\u00e9tait mon copain Maurice qui \u00e9tait au volant. Quand \u00e0 moi, debout sur le marche-pied, la porti\u00e8re entr&#8217;ouverte, j&#8217;essayais de le guider, \u00e9carquillant les yeux pour tenter d&#8217;apercevoir un bouillonnement qui m&#8217;indiquerait le bord du pont qu&#8217;il ne fallait surtout pas d\u00e9passer si nous ne voulions pas faire le plongeon dans cette masse de flotte dont nous ne serions s\u00fbrement pas sortis en tr\u00e8s bon \u00e9tat\u2026 L&#8217;eau arrivait maintenant au niveau du plancher de notre v\u00e9hicule. Devant,&#8230; derri\u00e8re,&#8230; \u00e0 gauche,\u2026 \u00e0 droite\u2026 que de l&#8217;eau\u2026 et pas de rep\u00e8re. Malgr\u00e9 tout, nous avions progress\u00e9 et heureusement pour nous, un Iranien, connaissant parfaitement le lieu, de l&#8217;autre rive, nous fit des signes pour rester dans l&#8217;axe du pont et, de cette fa\u00e7on nous p\u00fbmes finalement regagner l&#8217;autre rive\u2026 et sans dommage.<\/p>\n<p align=\"justify\">Et bien contents de pouvoir prendre, d\u00e9s notre arriv\u00e9e \u00e0 notre logement un bon repas et de faire une bonne nuit. Sit\u00f4t apr\u00e8s notre passage, les uns apr\u00e8s les autres, tous les v\u00e9hicules pass\u00e8rent et, en priorit\u00e9, ceux de nos coll\u00e8gues de chantier. Le lendemain, il ne restait plus grand-chose du fleuve de la veille\u2026 \u00e0 part la boue qui fumait aux premiers rayons du soleil d\u00e9j\u00e0 chaud et pourtant matinal\u2026 entre les arches du pont, des pierres, des branches, des arbustes qu&#8217;une \u00e9quipe d&#8217;hommes commen\u00e7ait \u00e0 d\u00e9gager. Le soir m\u00eame, \u00e0 notre retour, tout \u00e9tait pratiquement sec et les lieux avaient repris leur aspect habituel\u2026 On oublia cet \u00e9pisode\u2026 Jusqu&#8217;au jour o\u00f9, environ deux semaines apr\u00e8s, un nouvel orage, plus proche celui-ci que le pr\u00e9c\u00e9dent, tonna avec force dans la montagne.<\/p>\n<p align=\"justify\">J&#8217;avais vu le ciel se noircir, quelques \u00e9clairs. Le soir attroupement de v\u00e9hicules comme l&#8217;autre soir mais cette fois aux abords du premier pont, le plus proche du Mosduran. Nous garons la voiture et allons aux nouvelles . C&#8217;\u00e9tait la m\u00eame chose, un torrent d&#8217;eau\u2026 avec une diff\u00e9rence\u2026 et de taille. Cette fois le pont avait \u00e9t\u00e9 totalement emport\u00e9. Plus question de passer. Nous regardions ce fleuve d&#8217;eau et de boue, cette fois impuissants \u00e0 ma\u00eetriser la situation. Il ne restait qu&#8217;une solution. Repartir dans l&#8217;autre sens, direction le d\u00e9p\u00f4t, demander de l&#8217;argent iranien \u00e0 notre patron de chantier et prendre la route jusqu&#8217;\u00e0 la fronti\u00e8re russe o\u00f9 nous savions qu&#8217;il y avait une ville\u00a0: Cherac ou Sh\u00e9rac\u2026 je ne sais plus. Il devait bien y avoir h\u00f4tel et restaurant..\u00a0! Nous repassons par le d\u00e9p\u00f4t, par s\u00e9curit\u00e9 faisons le plein, en carburant et en dollars iraniens et en route pour l&#8217;U.R.S.S\u2026 la Russie\u00a0!! 80. \u00e0 100 bornes vers l&#8217;inconnu\u2026 Route sans histoire particuli\u00e8re et arriv\u00e9e dans le bled \u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit. Pas d&#8217;\u00e9clairage ou si peu\u2026 Personne dans le rues. Nous roulons un peu au hasard\u2026 Nous apercevons enfin un homme enturbann\u00e9. Il est tach\u00e9 de blanc\u2026 c&#8217;est un pl\u00e2trier. Pas trop de difficult\u00e9s \u00e0 lui faire comprendre que nous cherchons un endroit pour dormir et si possible nous restaurer. Gestes universels et compris par tout individu\u2026\u00a0! Il nous indique un lieu pas tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\">Pas d&#8217;indication, pas de devanture. Nous le remercions et, pendant qu&#8217;il s&#8217;\u00e9loigne nous poussons la porte de cet \u00e9tablissement sans nom. Nous nous retrouvons dans une grande salle qui ressemble plus \u00e0 un immense salon de th\u00e9 qu&#8217;\u00e0 une brasserie ou un bistro. C&#8217;est plein de monde\u2026 mais que des hommes. Pas une seule femme, ne serait-ce que pour faire le service. Nous venons de franchir une fronti\u00e8re mais l&#8217;ambiance est la m\u00eame sur ce point-l\u00e0. Il y a comme un silence d\u00e8s notre entr\u00e9e. Forc\u00e9ment, nous jurons un peu avec nos jeans crasseux, poussi\u00e9reux et nos casquettes aux couleurs vives. Tous les gus dans cette salle sont en sarouel, djellaba et, \u00e0 plus de 90\u00a0% avec le turban sur la t\u00eate. Sans nous d\u00e9monter, nous nous trouvons une table. Autour de nous, les conversations reprennent.<\/p>\n<p align=\"justify\">Si mes souvenirs sont bons, nous avons mang\u00e9 des g\u00e2teaux et bu du th\u00e9. Il aurait s\u00fbrement \u00e9t\u00e9 mal vu de commander un plat de charcuterie\u2026 m\u00eame un, modeste casse-cro\u00fbte jambon-beurre\u2026! Une fois restaur\u00e9s nous avons demand\u00e9 \u00e0 parler au ma\u00eetre des lieux dans le but de louer une chambre pour la nuit. Quelques palabres pour se comprendre\u2026 puis il nous demande de le suivre. Il nous emm\u00e8ne dans une cour. Il y fait une nuit d&#8217;encre et je ne distingue pas tr\u00e8s bien ce qui nous entoure. Ce doit \u00eatre de minuscules pi\u00e8ces qu&#8217;il loue\u2026 et probablement pas aux rupins du secteur. Les portes en sont closes et je ne peux savoir si elles sont occup\u00e9es.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le patron sort une \u00e9chelle d&#8217;un appentis, la pose contre le mur d&#8217;un de ces logements et nous invite \u00e0 monter. Nous nous retrouvons sur une dalle de b\u00e9ton qui recouvre les logements et, sur cette dalle, un esp\u00e8ce de grand poulailler avec une seule ouverture\u2026 sans porte, juste un morceau de tissu qui tombe jusqu&#8217;\u00e0 terre. L&#8217;atmosph\u00e8re est assez particuli\u00e8re\u2026 \u00e7a sent le coupe-gorge et dans la semi- obscurit\u00e9, je distingue une bonne douzaine de paillasses, \u00e0 m\u00eame le sol, plus que crasseuses et probablement utilis\u00e9es depuis des ann\u00e9es par de multiples mis\u00e9reux. Dans d&#8217;autres circonstances, nous aurions fait demi-tour et chercher un asile un peu moins rebutant\u2026 mais l\u00e0, que faire\u2026 ou aller. Il est maintenant au moins 23 heures, la fatigue nous prend. Faut bien roupiller un peu. On va pas faire la fine bouche\u2026 la solution est l\u00e0. Pour avoir la tranquillit\u00e9 et surtout \u00e9viter d&#8217;avoir des voisins de chambr\u00e9e, nous payons le prix de la piaule en totalit\u00e9 et la douzaine de paillasses aussi.<\/p>\n<p align=\"justify\">On lui file le fric\u2026 il se retire et redescend sur son \u00e9chelle branlante. D\u00e9s qu&#8217;il a disparu, nous, on la remonte l&#8217;\u00e9chelle\u2026 on ne sait jamais\u2026 \u00e7a nous rassure de nous sentir isol\u00e9s de tous ces gens, \u00e0 vrai dire, peu chaleureux..\u00a0! Nous avons dormi tout habill\u00e9. Le tissu qui servait de porte voltigeait au vent, de temps en temps et laissait entrevoir le ciel \u00e9toil\u00e9\u2026 C&#8217;est sur cette vision que je me suis endormi.<\/p>\n<p align=\"justify\">La nuit s&#8217;est bien pass\u00e9e et le lendemain nous avons quitt\u00e9 les lieux apr\u00e8s un bon coup de caf\u00e9\u2026 et retour au d\u00e9p\u00f4t sans probl\u00e8me particulier. Nous nous en \u00e9tions bien tir\u00e9s. La plupart des employ\u00e9s du chantier avaient dormi \u00e0 la belle \u00e9toile ou dans les v\u00e9hicules. Un contr\u00f4leur anglais qui avait eu la m\u00eame id\u00e9e que nous, \u00e0 la place d&#8217;un pl\u00e2trier, a eu la malchance de rencontrer des policiers intraitables qui n&#8217;ont rien voulu comprendre \u00e0 ses explications et lui ont fait passer la nuit au gnouf et pas en tr\u00e8s bonne compagnie\u00a0!! Il a fallu l&#8217;intervention de la direction de sa bo\u00eete pour le lib\u00e9rer\u2026\u00a0!<\/p>\n<p align=\"justify\">Le train-train habituel reprit. Le torrent d&#8217;un soir avait disparu aussi rapidement qu &#8216;il \u00e9tait venu \u2026<\/p>\n<p align=\"justify\">On se passa du pont et, avec nous, tous les habituels usagers\u2026 jusqu&#8217;\u00e0 la fin du chantier\u2026 on passa \u00e0 gu\u00e9\u2026 au gu\u00e9\u2026 au gu\u00e9\u2026\u00a0!<\/p>\n<p align=\"justify\">Maurice<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a plus d&#8217;un an que j&#8217;avais racont\u00e9 quelques p\u00e9rip\u00e9ties que j&#8217;avais connues durant le chantier effectu\u00e9 en Iran, \u00e0 Mashhad, pour \u00eatre plus pr\u00e9cis et en 1977\u2026 Il y \u00e9tait question de distance entre le lieu o\u00f9 nous r\u00e9sidions et notre lieu de travail\u2026 De la solution que nous avions trouv\u00e9 pour ne &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/2014\/11\/02\/chantier-diran-suite\/\" class=\"more-link\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\"> &#8220;Chantier d&#8217;Iran. (Suite)&#8221;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-292","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-souvenirs"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/292","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=292"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/292\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=292"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=292"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=292"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}