{"id":301,"date":"2016-02-19T08:40:20","date_gmt":"2016-02-19T07:40:20","guid":{"rendered":"http:\/\/charles.dehays.free.fr\/wordpress\/?p=301"},"modified":"2016-02-19T08:40:20","modified_gmt":"2016-02-19T07:40:20","slug":"les-bonnes-soeurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/2016\/02\/19\/les-bonnes-soeurs\/","title":{"rendered":"Les bonnes s\u0153urs"},"content":{"rendered":"<p>Pourquoi ne pas parler de ces personnages qui, dans mon enfance et au village o\u00f9 j&#8217;habitais\u00a0avaient une certaine importance. Les services sociaux que nous connaissons aujourd&#8217;hui \u00e9taient\u00a0pratiquement inexistants &#8230; \u00e0 ma connaissance&#8230;.<\/p>\n<p>Donc, la majorit\u00e9 des parents mettaient leurs enfants au patronage&#8230;et, de fil en aiguille, on se\u00a0retrouvait \u00e9galement au cat\u00e9chisme. J&#8217;ai donc eu une \u00e9ducation partag\u00e9e pour sa plus grande partie\u00a0par l&#8217;\u00e9cole publique&#8230;l&#8217;\u00e9cole de la r\u00e9publique, la\u00efque et obligatoire&#8230;. et, une fois par semaine,\u00a0cat\u00e9chisme pour l&#8217;\u00e9ducation religieuse &#8230;. et le patronage pour probablement soulager un peu ma maman et nous occuper un peu.<!--more--><\/p>\n<p>Encore que dans mes souvenirs, je n&#8217;\u00e9prouvais pas trop le besoin de me retrouver avec tous les autres et de participer \u00e0 des jeux collectifs. Les possibilit\u00e9s de jeux ne nous manquaient pas &#8230; Faut\u00a0dire que, o\u00f9 nous habitions, c&#8217;\u00e9tait tout autour de nous les champs, les prairies, les bois, les for\u00eats&#8230; Les terrains de jeux r\u00e9glementaires n&#8217;\u00e9taient vraiment pas indispensables. La rue face \u00e0 notre\u00a0maison \u00e9tait peu fr\u00e9quent\u00e9e et tous les enfants de la cit\u00e9 y jouaient en fin d&#8217;apr\u00e8s-\u00admidi sans \u00eatre\u00a0inqui\u00e9t\u00e9s par le passage d&#8217;un quelconque v\u00e9hicule.<\/p>\n<p>Des voitures, jamais. Parfois des carrioles \u00e0 chevaux, des engins agricoles \u00e9galement attel\u00e9s de\u00a0chevaux, quelques cyclistes&#8230;on \u00e9tait vraiment tranquilles &#8230; et les parents aussi. Cette rue\u00a0s&#8217;appelait le chemin d&#8217;Oissel &#8230; et n&#8217;\u00e9tait m\u00eame pas goudronn\u00e9e.<\/p>\n<p>C&#8217;est donc par ces deux activit\u00e9s, cat\u00e9chisme et patronage que je fis connaissance des bonnes\u00a0s\u0153urs. Les s\u0153urs de St-\u00adVincent-\u00adde-Paul. Leur dispensaire et cantine se trouvaient au centre du\u00a0village, face \u00e0 l&#8217;\u00e9glise, de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9 de la rue. Juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9, un portail donnant acc\u00e8s \u00e0 un vaste\u00a0terrain o\u00f9, sous la surveillance des s\u0153urs et de quelques personnes b\u00e9n\u00e9voles, les enfants dont j&#8217;ai\u00a0fait partie quelques temps se d\u00e9foulaient \u00e0 des jeux divers &#8230; c&#8217;\u00e9tait \u00e7a le patronage. Parfois, nous\u00a0allions faire une promenade jusqu&#8217;\u00e0 la for\u00eat, autour et aux environs de la Pierre d\u2019\u00c9tat, dolmen qui\u00a0est une des curiosit\u00e9s de Petit \u00adCouronne &#8230; (avec la maison de Pierre Corneille&#8230; !)<\/p>\n<p>J&#8217;ai pas le souvenir que je me plaisais beaucoup dans cette ambiance mais j&#8217;\u00e9tais encore trop\u00a0jeune pour m&#8217;en \u00e9chapper. J&#8217;en subissais l&#8217;obligation sans entrain&#8230;<\/p>\n<p>Il y avait aussi la cantine o\u00f9 nous d\u00e9jeunions les jours de la semaine, apr\u00e8s la matin\u00e9e \u00e0 l&#8217;\u00e9cole.\u00a0Les \u00e9l\u00e8ves de l&#8217;\u00e9cole libre, les petits pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s, et nous, ceux de l&#8217;\u00e9cole du diable&#8230;mais s&#8217;il y avait\u00a0une diff\u00e9rence, on ne nous la faisait pas trop sentir. Et puis, c&#8217;\u00e9tait la guerre, quand nous nous\u00a0mettions \u00e0 table, ce qui importait pardessus tout, c&#8217;est ce que nous avions dans nos assiettes&#8230;et je\u00a0n&#8217;ai pas le souvenir que l&#8217;un d&#8217;entre nous eut fait le difficile devant ce qui nous \u00e9tait propos\u00e9.<\/p>\n<p>Je me souviens de pur\u00e9es avec du boudin&#8230;et, en moins de deux, les assiettes \u00e9taient vides et\u00a0m\u00eame bien essuy\u00e9es. Parfois, pur\u00e9e de pois cass\u00e9s avec une saucisse &#8230; j&#8217;adorais. Nous avions \u00e0\u00a0tour de r\u00f4le l&#8217;autorisation de gratter l&#8217;\u00e9norme ustensile qui avait servi \u00e0 cuire cette pur\u00e9e. Personne\u00a0refusait de s&#8217;y atteler, histoire, pour une fois, de se remplir la panse au-del\u00e0 de ses esp\u00e9rances &#8230; Il\u00a0y avait aussi du chou &#8230; j&#8217;aimais moins, c&#8217;est vrai, mais je ne risquais pas pour autant d&#8217;en laisser\u00a0dans mon assiette &#8230; Le dessert, la plupart du temps, c&#8217;\u00e9tait une pomme ou, peut-\u00eatre rien du tout.<\/p>\n<p>J&#8217;allais oublier, avant de nous asseoir, face \u00e0 nos assiettes, il fallait chanter ceci&#8230; ou \u00e0 peu\u00a0pr\u00e8s : \u00ab B\u00e9nissez-\u00adnous, Seigneur, b\u00e9nissez ce repas, cette table accueillante&#8230;. et donnez aussi du\u00a0pain&#8230; \u00e0 ceux qui n&#8217;en ont pas&#8230;. ainsi-\u00adsoit-il&#8230; \u00bb Sit\u00f4t ce rituel exprim\u00e9, nous avions le droit de\u00a0nous asseoir et de manger. Personne ne se faisait prier et, mis \u00e0 part le bruit des fourchettes, silence\u00a0complet.<\/p>\n<p>Quelques pr\u00e9cisions sur ces s\u0153urs qui ont quand m\u00eame durant mon enfance jou\u00e9 un r\u00f4le dans\u00a0mon \u00e9ducation&#8230;bien qu&#8217;il f\u00fbt relativement modeste et de courte dur\u00e9e. Il y avait d&#8217;abord la s\u0153ur\u00a0sup\u00e9rieure, tr\u00e8s \u00e9nergique et dominatrice, sachant se faire respecter, autoritaire. Qui nous faisait le\u00a0cat\u00e9chisme. On s&#8217;y emmerdait ferme et je ne me souviens pas avoir seulement appris une seule fois\u00a0les le\u00e7ons que nous \u00e9tions cens\u00e9es apprendre. Je crois que tout le monde \u00e9tait conscient que ce que\u00a0nous apprenions \u00e0 l&#8217;\u00e9cole \u00e9tait beaucoup plus important. Nous r\u00e9coltions quelques punitions &#8230;sans\u00a0gravit\u00e9.<\/p>\n<p>Les sorties du jeudi apr\u00e8s-midi, dans la for\u00eat du Rouvray, o\u00f9 des jeux \u00e9taient organis\u00e9s&#8230; mais\u00a0ce que nous attendions tous, \u00e0 la fin des jeux, c&#8217;\u00e9tait le go\u00fbter&#8230; ne pas oublier que nous \u00e9tions en\u00a0pleine guerre et que tout ce qui touchait \u00e0 la bouffe avait une importance presque incompr\u00e9hensible\u00a0de nos jours. Distribution de tartines \u00e0 la confiture de fraises&#8230;. une vraie f\u00eate&#8230; malheureusement\u00a0vite engloutie&#8230;<\/p>\n<p>Parfois, il y avait une alerte&#8230; on entendait les sir\u00e8nes siffler au loin et quelques minutes apr\u00e8s,\u00a0les avions anglais ou am\u00e9ricains passaient au-dessus de nos t\u00eates. Les canons anti-\u00ada\u00e9riens leur\u00a0tiraient dessus&#8230; \u00e7a faisait un barouf pas possible et la s\u0153ur sup\u00e9rieure nous rassemblait sous un\u00a0gros arbre, bien feuillu, dans la for\u00eat et nous demandait de prier avec elle&#8230; Pour \u00eatre franc, je me\u00a0souviens que le c\u0153ur n&#8217;y \u00e9tait pas.<\/p>\n<p>On n&#8217;avait pas particuli\u00e8rement la frousse&#8230; je crois que nous \u00e9tions plut\u00f4t inconscients du\u00a0danger&#8230; Et surtout, les avions allaient bombarder des lieux plus strat\u00e9giques que ceux o\u00f9 nous\u00a0\u00e9tions&#8230;! Je me souviens aussi de nombreux filaments un peu comme de l&#8217;aluminium tr\u00e8s fins qui\u00a0descendaient du ciel et que nous nous amusions \u00e0 ramasser, apr\u00e8s le passage des avions&#8230; Il para\u00eet\u00a0que \u00e7a servait \u00e0 brouiller les ondes radios&#8230;<\/p>\n<p>Je me pose la question de savoir si ce qui va suivre m\u00e9rite d&#8217;\u00eatre racont\u00e9&#8230; de par son c\u00f4t\u00e9\u00a0trivial&#8230; et puis pourquoi pas puisque \u00e7a fait partie d&#8217;une r\u00e9alit\u00e9 par moi v\u00e9cue&#8230; bien que j&#8217;en\u00a0mesure son peu d&#8217;importance&#8230; Un bruit courait quand nous \u00e9tions gamins que les bonnes s\u0153urs\u00a0portaient dessous leurs longues jupes des culottes fendues. Certains pr\u00e9tendaient m\u00eame en avoir\u00a0vues s\u00e9chant sur les cordes \u00e0 linge&#8230; Ce n&#8217;\u00e9tait s\u00fbrement pas mon probl\u00e8me majeur, mais il se\u00a0produisit un jour un \u00e9v\u00e9nement qui m&#8217;obligea \u00e0 m&#8217;interroger, malgr\u00e9 mon jeune \u00e2ge, sur cette\u00a0question pourtant banale et qui ne me concernait vraiment pas. Nous \u00e9tions ce jour-\u00adl\u00e0 dans une\u00a0prairie, \u00e0 l&#8217;or\u00e9e de la for\u00eat o\u00f9 avaient lieu nos jeux. Ce devait \u00eatre un moment de repos. J&#8217;\u00e9tais assis\u00a0dans l&#8217;herbe, pas loin de la s\u0153ur sup\u00e9rieure qui, debout, bien droite et attentive, surveillait son petit\u00a0monde. A un moment donn\u00e9, j&#8217;entendis un bruit caract\u00e9ristique et qui ne laissait gu\u00e8re de doute sur\u00a0sa nature&#8230; surtout, que contrairement \u00e0 aujourd&#8217;hui, j&#8217;avais l\u2019ou\u00efe fine&#8230; ! J&#8217;entendais\u00a0distinctement un petit bruit d&#8217;eau qui ressemblait \u00e9trangement \u00e0 celui que je provoquais quand je\u00a0pissais sur le sol ou dans l&#8217;herbe&#8230;J&#8217;avais du respect pour la s\u0153ur et il me semblait inconvenant que\u00a0ce f\u00fbt elle qui soit l\u00e0, \u00e0 quelques pas de moi, entrain de pisser debout, utilisant de temps un temps\u00a0un sifflet qui pendait \u00e0 son cou et qui ne la quittait jamais ou en interpellant les enfants d\u00e9bordant\u00a0les jeux par elle autoris\u00e9s. Faisant le d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9, j&#8217;attendis qu&#8217;elle se d\u00e9pla\u00e7a et j&#8217;allais observer de\u00a0tr\u00e8s pr\u00e8s l&#8217;endroit qu&#8217;elle venait de quitter. Pas de doute, il y avait sur le sol et dans l&#8217;herbe une\u00a0petite flaque qui moussait encore&#8230;<\/p>\n<p>Ce devait \u00eatre en 42 ou 43&#8230; peut-\u00ad\u00eatre 41&#8230; j&#8217;avais 8, 9 ou 10 ans. Je crois me souvenir que j&#8217;en\u00a0\u00e9tais plut\u00f4t amus\u00e9 et je n&#8217;en ai rien dit \u00e0 personne pendant tr\u00e8s longtemps. Ma conclusion\u00a0personnelle (et du coup, j&#8217;\u00e9tais plus inform\u00e9 que quiconque ), c&#8217;\u00e9tait que : soit effectivement, les\u00a0bonnes s\u0153urs portaient des culottes fendues, soit pas de culottes du tout&#8230; on ne peut imaginer\u00a0quelqu&#8217;un pissant dans ses sous-v\u00eatements avec le d\u00e9sagr\u00e9ment que cela provoque. Bon, j&#8217;en \u00e9tais\u00a0un peu troubl\u00e9 et je ne pouvais pas m&#8217;emp\u00eacher de penser \u00e0 ce moment particulier et pas tr\u00e8s en\u00a0rapport avec le r\u00f4le qu&#8217;avait la sup\u00e9rieure&#8230; usant de son autorit\u00e9 ou nous faisant le cat\u00e9chisme.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 pour une de mes impressions ressenties quand j&#8217;\u00e9tais un tr\u00e8s petit gar\u00e7on&#8230; sur les\u00a0exigences de la nature et la fa\u00e7on, pour certaines grandes personnes, de les solutionner&#8230;. !<\/p>\n<p>Je sais que tout cela est bien banal , mais ce qu&#8217;il y a d&#8217;\u00e9trange, c&#8217;est la pr\u00e9cision que j&#8217;ai en\u00a0m\u00e9moire de ces modestes \u00e9v\u00e9nements.<\/p>\n<p>Je passe \u00e0 un autre qui concerne \u00e9galement ces femmes dont bien s\u00fbr l&#8217;anecdote qui pr\u00e9c\u00e8de\u00a0n&#8217;entame en rien le respect que j&#8217;ai pour elles et leur d\u00e9vouement. Je fais la diff\u00e9rence entre mes\u00a0convictions sur le plan de la religion et celles et ceux qui, sinc\u00e8rement, au nom de cette religion,\u00a0sacrifient leur vie en se d\u00e9vouant aux autres. Si ce qui les motive me semble sans fondement, il\u00a0n&#8217;en reste pas moins vrai que leur action est souvent efficace et digne de respect.<\/p>\n<p>Ce qui semble le cas d&#8217;une autre s\u0153ur qui faisait partie du dispensaire de Petit-\u00adCouronne. S\u0153ur\u00a0Marie, la plus gentille, la plus douce, la plus souriante. Je l&#8217;ai toujours vue d&#8217;une humeur \u00e9gale,\u00a0aimable et gaie. Quand j&#8217;allais au patronage, bien s\u00fbr, mais aussi bien des ann\u00e9es apr\u00e8s, quand j&#8217;ai\u00a0grandi. Elle \u00e9tait devenue en quelque sorte l&#8217;infirmi\u00e8re du pays. J&#8217;ai eu le droit par ses soins \u00e0 une\u00a0s\u00e9rie de piq\u00fbres pour une crise de furonculose carabin\u00e9e. Une piq\u00fbre le matin, une le soir. Il fallait\u00a0faire bouillir de l &#8216;eau pour d\u00e9sinfecter les aiguilles. En attendant, elle bavardait gentiment avec\u00a0ma m\u00e8re. Et puis, la piq\u00fbre&#8230;elle repartait ensuite vers d&#8217;autres malades , sa petite trousse \u00e0 la main,\u00a0sa cornette bien blanche sur la t\u00eate, le visage d\u00e9tendu, sereine. Je la trouvais jolie&#8230; elle l&#8217;\u00e9tait.<\/p>\n<p>Je pense que chacun se posait la question de savoir pourquoi une aussi jolie personne avait fait\u00a0le choix de se consacrer \u00e0 Dieu ? Disons plut\u00f4t \u00e0 l&#8217;\u00e9glise ? Certains \u00e9voquaient un amour\u00a0malheureux ou une trag\u00e9die&#8230; mais personne n&#8217;a jamais rien su&#8230;.Peut-\u00eatre simplement n&#8217;y avait-il rien ?<\/p>\n<p>A l&#8217;\u00e9poque, est-\u00adce que je me rendais compte du travail que repr\u00e9sentait les soins qu&#8217;elle\u00a0prodiguait \u00e0 toute la commune ? Je ne crois pas&#8230;Tout ce travail se faisait \u00e9videmment \u00e0 pied&#8230; et\u00a0par n&#8217;importe quel temps. Je suis certain que tout le monde l&#8217;aimait Et je pense qu&#8217;elle le ressentait.<\/p>\n<p>C&#8217;\u00e9tait probablement sa seule satisfaction et \u00e7a devait suffire \u00e0 son bonheur puisque jusque dans\u00a0les derni\u00e8res ann\u00e9es je l&#8217;ai crois\u00e9 encore longtemps et toujours avec ce sourire tranquille, paisible.<\/p>\n<p>Les derni\u00e8res fois, ce devait apr\u00e8s mon retour de l&#8217;arm\u00e9e&#8230; j&#8217;\u00e9tais maintenant motoris\u00e9&#8230; un\u00a0scooter Vespa et dr\u00f4lement content de faire des vir\u00e9es dans le pays et alentour&#8230; C &#8216;est au cours\u00a0d&#8217;une promenade sur cet engin que, en passant pr\u00e8s d&#8217;elle, qui revenait ou se rendait au domicile\u00a0d&#8217;un malade, encore v\u00eatue comme jadis, coiff\u00e9e de sa cornette, j&#8217;ai eu conscience de ce qu&#8217;\u00e9tait sa\u00a0vie,de ce qu&#8217;elle avait \u00e9t\u00e9&#8230;De ses retours au dispensaire, sa t\u00e2che achev\u00e9e, de sa solitude&#8230; m\u00eame\u00a0si cela avait \u00e9t\u00e9 un choix&#8230;.<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre que j&#8217;avais m\u00fbri, en tout cas je me suis rendu compte \u00e0 quel point cette femme m\u00e9ritait\u00a0le respect et, si je n&#8217;ai pas su lui dire, j&#8217;ai la certitude que mon comportement , mon salut et les\u00a0quelques mots \u00e9chang\u00e9s l&#8217;en ont convaincue.<\/p>\n<p>Ces quelques lignes pour \u00e9voquer une femme anonyme, comme il en existe probablement\u00a0beaucoup d&#8217;autres, dont personne ne parlera jamais et qui v\u00e9cut en se d\u00e9vouant enti\u00e8rement \u00e0 ses\u00a0semblables, n&#8217;attendant rien en retour.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pourquoi ne pas parler de ces personnages qui, dans mon enfance et au village o\u00f9 j&#8217;habitais\u00a0avaient une certaine importance. Les services sociaux que nous connaissons aujourd&#8217;hui \u00e9taient\u00a0pratiquement inexistants &#8230; \u00e0 ma connaissance&#8230;. Donc, la majorit\u00e9 des parents mettaient leurs enfants au patronage&#8230;et, de fil en aiguille, on se\u00a0retrouvait \u00e9galement au cat\u00e9chisme. 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