{"id":425,"date":"2019-01-27T18:19:53","date_gmt":"2019-01-27T17:19:53","guid":{"rendered":"http:\/\/yaka.fr.cr\/wordpress\/?p=425"},"modified":"2019-01-27T18:19:53","modified_gmt":"2019-01-27T17:19:53","slug":"bonneville-aptot","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/2019\/01\/27\/bonneville-aptot\/","title":{"rendered":"Bonneville-Aptot."},"content":{"rendered":"\n<p>C&#8217;est le nom du village o\u00f9 ma m\u00e8re a vu le jour\u2026 et o\u00f9 nous allions passer les f\u00eates de la pentec\u00f4te, du 15 ao\u00fbt et de l&#8217;ouverture de la chasse\u2026 chez ma grand-m\u00e8re, quand j&#8217;\u00e9tais petit.  <\/p>\n\n\n\n<p>Une exp\u00e9dition qui commen\u00e7ait tr\u00e8s\nt\u00f4t le matin\u2026 pour nous pr\u00e9parer, nous les enfants, avec nos\nmodestes bagages et l&#8217;obligation de nous mettre sur notre \u00ab&nbsp;trente\net un&nbsp;\u00bb\u2026 m\u00eame s&#8217;il \u00e9tait bien modeste&nbsp;! En route pour\nla gare de Petit-Couronne o\u00f9 nous prenions le train, en troisi\u00e8me\nclasse, forc\u00e9ment, mais gratuitement, mon p\u00e8re travaillant \u00e0 la\nSNCF. \n<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Le voyage \u00e9tait pour moi une aventure\u2026\nmalheureusement trop courte. Il devait y avoir une trentaine de\nkilom\u00e8tres pour atteindre St-L\u00e9ger-Boissey, notre destination\u2026\nMais auparavant, on \u00e9tait pass\u00e9 par des gares aux noms tout \u00e0 fait\nexotiques&nbsp;: Grand-Couronne, La Bouille-Moulineaux,\nBourgtheroulde-Thuit-H\u00e9bert, pour arriver \u00e0 la gare de St-L\u00e9ger,\nheureux . \n<\/p>\n\n\n\n<p>Tout \u00e9tait nouveau pour moi et\npr\u00e9texte \u00e0 jeux de toutes sortes. Il nous restait 4 kilom\u00e8tres \u00e0\nfaire \u00e0 pied pour arriver \u00e0 la chaumi\u00e8re de ma grand-m\u00e8re. Qu&#8217;on\nfaisait all\u00e8grement.., apr\u00e8s tout, c&#8217;\u00e9tait les vacances et le\nd\u00e9paysement pour quelques jours&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Et aussi, probablement de bons g\u00e2teaux,\nde la confiture, de bonnes tranches de pain beurr\u00e9 tremp\u00e9es dans un\nlait chaud sucr\u00e9 et fra\u00eechement tir\u00e9\u2026 Le bonheur&#8230;!<\/p>\n\n\n\n<p>Notre grand-m\u00e8re nous attendait, je me\nsouviens, toujours \u00e0 la m\u00eame place. Nous arrivions par un sentier\nqui traversait la cour d&#8217;un vieux personnage aux longues moustaches\njaun\u00e2tres, toujours l&#8217;air contrari\u00e9, presqu&#8217;en col\u00e8re, et on ne\nsavait pas pourquoi\u2026 il me fichait la trouille et je l&#8217;\u00e9vitais\u2026\nQuand nous d\u00e9bouchions devant la chaumi\u00e8re, ma grand-m\u00e8re nous\nsurplombait et l&#8217;image que j&#8217;en ai d&#8217;elle est celle de cette femme,\nqui me semblait grande, ce qui n&#8217;\u00e9tait s\u00fbrement pas le cas,\ntoujours v\u00eatue de la m\u00eame fa\u00e7on, comme la plupart des femmes \u00e0\ncette \u00e9poque&nbsp;: robe noire qui lui descendait jusqu&#8217;\u00e0 ses\nchaussures, un gilet \u00e9galement de couleur sombre, et un tablier\ngris. Il me semble me souvenir, pour \u00e9gayer tout \u00e7a, d&#8217;un col\nblanc\u2026 enfin, quelque chose de clair autour du visage. Un chignon,\npas tout \u00e0 fait l&#8217;air aimable que j&#8217;aurai souhait\u00e9\u2026 mais, dans\nmes souvenirs, les adultes dans leur majorit\u00e9, n&#8217;\u00e9taient pas tr\u00e8s\ntendre\u2026 A part, et heureusement, ma m\u00e8re&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Une chose nous intriguait chez ma\ngrand-m\u00e8re\u2026 Elle avait toujours sur les yeux des lunettes, dont\nl&#8217;un des verres \u00e9tait sombre, opaque et lui couvrait enti\u00e8rement\nl\u2019\u0153il. La raison en \u00e9tait que dans les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes,\nelle avait eu une verrue tout pr\u00e8s de l\u2019\u0153il et qu&#8217;un m\u00e9decin\navait pris la d\u00e9cision de l\u2019\u00f4ter. A la suite de cette\nintervention est apparue une ulc\u00e9ration qui a \u00e9tait soign\u00e9e avec\nles moyens de l&#8217;\u00e9poque\u2026 Pas grand chose&#8230;. cette ulc\u00e9ration a\ngrandi, s&#8217;est creus\u00e9e et s&#8217;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e \u00eatre un cancer. Pendant\ndes ann\u00e9es, ce cancer lui a rong\u00e9 le tour de l\u2019\u0153il et une partie\nde la joue. Atroce&nbsp;!  Elle a souffert le martyre pendant des\nann\u00e9es. J&#8217;ai dormi chez elle et je me souviens de ses g\u00e9missements\navant de m&#8217;endormir.<\/p>\n\n\n\n<p>Maintenant, une description de la\nchaumi\u00e8re de mes  anc\u00eatres maternels\u2026 qui, ce n &#8216;est pas\nn\u00e9gligeable, \u00e9taient propri\u00e9taires. Enfin, ma grand-m\u00e8re, car mon\ngrand-p\u00e8re, dont je ne me souviens plus, ne poss\u00e9dait rien. Tout\njuste les hardes qu&#8217;il avait sur le dos. N\u2019emp\u00eache, il \u00e9tait\ncouvreur en chaume, mais si \u00e7a lui a permis de subsister, \u00e7a n&#8217;a\njamais d\u00e9pass\u00e9 l&#8217;essentiel n\u00e9cessaire \u00e0 sa survie et \u00e0 celle de\nsa famille. Il ne devait pas \u00eatre bileux et pas trop exigeant sur le\nr\u00e8glement des chantiers qu&#8217;il entreprenait\u2026 Trop souvent r\u00e9gl\u00e9\npar des services qu&#8217;on lui rendait, un esp\u00e8ce de troc\u2026 rarement\ndes esp\u00e8ces sonnantes et tr\u00e9buchantes\u2026 enfin, c&#8217;est ce que j&#8217;en\nai conclu\u2026 mais longtemps apr\u00e8s.  \n<\/p>\n\n\n\n<p> D&#8217;ailleurs, les cordonniers \u00e9tant,\nc&#8217;est bien connu, les plus mal chauss\u00e9s, sa maison avait une\ncouverture en chaume dans un \u00e9tat lamentable\u2026 le b\u00e2timent qui en\nd\u00e9pendait aussi. Il mourut avant que tout cela f\u00fbt remis en \u00e9tat\net, par la suite, si la couverture connut un rafra\u00eechissement, ce\nfut simplement \u00e0 l&#8217;aide de t\u00f4les en fibrociment. L&#8217;\u00e9tanch\u00e9it\u00e9\n\u00e9tait assur\u00e9e, mais l&#8217;aspect chaumi\u00e8re normande en prenait un\nsacr\u00e9 coup!<\/p>\n\n\n\n<p> Je reviens donc \u00e0 la maison que je\nd\u00e9couvris quand j&#8217;\u00e9tais encore un petit enfant. On acc\u00e9dait \u00e0 la\nmaison de deux fa\u00e7ons\u2026 celle dont j&#8217;ai parl\u00e9 plus haut et qui\nd\u00e9bouchait sur une barri\u00e8re s\u00e9parant la propri\u00e9t\u00e9 du moustachu\nde celle de ma grand-m\u00e8re\u2026 \u00e0 droite et face \u00e0 nous, le jardin,\ngrillag\u00e9, \u00e0 gauche, l&#8217;extr\u00e9mit\u00e9 de la chaumi\u00e8re et nous\nd\u00e9bouchions dans la cour proprement dite\u2026 pas tr\u00e8s grande, terre\net cailloux au sol et un peu d&#8217;herbe de place en place. Une haie vive\nqui faisait la s\u00e9paration avec un autre terrain. \n<\/p>\n\n\n\n<p>Plus loin, \u00e0 notre droite et face \u00e0\nnous , des champs, de la campagne. Pour moi, \u00e0 l\u2019\u00e9poque,\nl&#8217;immensit\u00e9. \n<\/p>\n\n\n\n<p>On pouvait y acc\u00e9der par un autre\nc\u00f4t\u00e9, \u00e0 partir du lieu-dit&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp; la grand&#8217;mare&nbsp;\u00bb.\nFaisant suite \u00e0 la route, un chemin de pierres menant \u00e0 une\nbarri\u00e8re en piteux \u00e9tat, devant nous, un herbage qui devait faire\napproximativement un demi-hectare, quelques pommiers,\u2026 parfois des\nvaches, paissant ou ruminant\u2026 ce qui m&#8217;intriguait mais surtout,\nm&#8217;impressionnait. L&#8217;herbage \u00e9tait clos par des haies vives et\nquelques arbres. C&#8217;\u00e9tait vraiment la campagne. \n<\/p>\n\n\n\n<p>Le chemin qui acc\u00e9dait \u00e0 la maison\nn&#8217;\u00e9tait apparent que par le passage des gens de la maison ou des\nvisiteurs occasionnels (rares) qui venaient en ces lieux.\nRelativement d\u00e9gag\u00e9 et sec quand il faisait beau, d\u00e9tremp\u00e9 et\nboueux d\u00e8s qu&#8217;il pleuvait.., les normands habitu\u00e9s \u00e0 ce genre\nd&#8217;endroit connaissent\u2026 !<\/p>\n\n\n\n<p>Venant de cette fa\u00e7on, la maison nous\napparaissait l\u00e9g\u00e8rement en contre-bas, invisible de la route, bien\nexpos\u00e9e et tranquille. Encore une petite barri\u00e8re \u00e0 franchir et\nnous nous retrouvions dans la cour pr\u00e9c\u00e9demment d\u00e9crite. Nous\n\u00e9tions pass\u00e9 devant un b\u00e2timent qui se d\u00e9labrait, envahi de\nronces et de mauvaises herbes et dont on m&#8217;interdisait l&#8217;acc\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>Je commence par les commodit\u00e9s\u2026\nc&#8217;\u00e9tait en ces lieux, tr\u00e8s rustique. Pas d\u2019\u00e9lectricit\u00e9, \u00e7a\nviendra bien plus tard, pas d&#8217;eau courante, \u00e7a viendra encore\nbeaucoup plus tard\u2026 et d&#8217;abord \u00e0 l&#8217;entr\u00e9e du terrain,\nc&#8217;est-\u00e0-dire \u00e0 plus de cent m\u00e8tres de la maison. C&#8217;est Gis\u00e8le qui\ns&#8217;en occupera bien des ann\u00e9es plus tard pour faire venir l&#8217;eau\njusque dans la maison. On n&#8217;en est pas l\u00e0. \n<\/p>\n\n\n\n<p>A l&#8217;\u00e9poque dont je parle, et longtemps\nencore par la suite, il fallait aller chercher l&#8217;eau \u00e0 la\n\u00ab&nbsp;grand&#8217;mare&nbsp;\u00bb, avec le carcan et deux seaux!! Cette mare\navait deux acc\u00e8s. L&#8217;un avec une avanc\u00e9e faite de quelques planches\nqui permettait de puiser de l&#8217;eau \u00e0 l&#8217;endroit le plus profond de la\nmare\u2026 l\u00e0 o\u00f9 l&#8217;eau \u00e9tait relativement claire\u2026 \u00e7a, c&#8217;\u00e9tait\npour les habitants du coin, et le seul point d&#8217;eau. L&#8217;autre \u00e9tait\nr\u00e9serv\u00e9 aux bestiaux et descendait en pente douce jusqu&#8217;au bord de\nl&#8217;eau\u2026 que de la gadoue pleine d&#8217;empreintes de sabot.. des nu\u00e9es\nde mouches et de moustiques, sur les bords, des roseaux et quelques\nsaules\u2026 sur la mare, des poules d&#8217;eau, et, \u00e0 la belle saison, des\nlibellules. Il y avait bien deux cent m\u00e8tres de distance de ce point\nd&#8217;eau \u00e0 la maison. Il fallait l&#8217;\u00e9pargner, la flotte\u2026 autre chose\nque d&#8217;ouvrir ou de fermer un robinet&#8230;&nbsp;! J&#8217;ai connu \u00e7a\u2026 et\ncela va de soi, la cabane au fond du jardin\u2026 avec l&#8217;esp\u00e8ce de trou\nrond et le couvercle en bois\u2026 et je ne parle pas de ce qu&#8217;il y\navait au-dessous\u2026 de l&#8217;odeur, malgr\u00e9 le gr\u00e9sil.\u2026 Et du papier\njournal pr\u00e9-d\u00e9coup\u00e9 et accroch\u00e9 a la paroi (en planches) de la\ncabane. La maison elle-m\u00eame devait avoir, je n&#8217;ose pas le dire , un\n\u00e2ge tr\u00e8s avanc\u00e9 et qui ne se compte plus en d\u00e9cennies\u2026 Elle\navait \u00e9t\u00e9 construite avec les moyens du bord\u2026 et s\u00fbr qu&#8217;ils\nn&#8217;\u00e9taient pas importants. Heureuse \u00e9poque cependant o\u00f9 il \u00e9tait\npossible de se faire un toit sans mille et un autorisations, papiers,\nd\u00e9marches!!! Le seuil, tout d&#8217;abord, fait de briques disjointes et\nqui donnait acc\u00e8s \u00e0 une pi\u00e8ce, (la principale) en terre battue.\nUne table, quelques chaises, un buffet et ce qui m\u2019int\u00e9ressait le\nplus, la chemin\u00e9e, qui fonctionnait en permanence, \u00e0 cette saison\nau ralenti et o\u00f9 ma grand-m\u00e8re faisait sa cuisine. Les chenets, la\ncr\u00e9maill\u00e8re, le soufflet, autant d&#8217;ustensiles inhabituels qui\n\u00e9veillaient ma curiosit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La porte d&#8217;entr\u00e9e, une porte pleine\nfaite de planches r\u00e9unies par deux traverses sur lesquelles \u00e9taient\nfix\u00e9es deux charni\u00e8res identiques \u00e0 celles des volets qui\ngarnissaient les petites fen\u00eatres, l&#8217;une \u00e9clairant modestement la\npi\u00e8ce principale, l&#8217;autre la chambre. Sur le c\u00f4t\u00e9 pignon, une\nautre minuscule fen\u00eatres. Il y avait aussi une fen\u00eatre au nord -est\nde la maison qui apportait un peu de lumi\u00e8re dans la pi\u00e8ce\nprincipale. Fen\u00eatres qui ne faisaient pas soixante centim\u00e8tres de\nhauteur et de largeur\u2026 probablement pour conserver le maximum de\nchaleur au cours des journ\u00e9es glaciales des hivers souvent\nrigoureux. L&#8217;isolation, on connaissait pas\u2026 les murs en torchis\nn&#8217;\u00e9taient pas tr\u00e8s \u00e9pais, r\u00e9par\u00e9s de place en place\u2026 les bois\napparents commen\u00e7aient \u00e0 se disjoindre\u2026 inutile de pr\u00e9voir de\nl&#8217;a\u00e9ration\u2026 En plus, l&#8217;espace entre le sol et le bas de la porte\nd&#8217;entr\u00e9e donnait sans probl\u00e8me du tirage \u00e0 la chemin\u00e9e\u2026 qui, \u00e0\nl&#8217;\u00e9poque dont il est question, \u00e9tait l&#8217;unique source de chaleur\npour toute la maison.<\/p>\n\n\n\n<p> Faut dire qu&#8217;elle n&#8217;\u00e9tait pas tr\u00e8s\ngrande et se composait de trois pi\u00e8ces. Celle dont je viens de\nparler,  \u00e0 usage de cuisine, salle \u00e0 manger et salon en m\u00eame\ntemps, vachement pratique, tout dans la m\u00eame pi\u00e8ce&nbsp;!! On\ndevait aussi, le matin, y faire sa toilette. Je me souviens, par la\nsuite, avoir vu mon oncle s&#8217;y raser et, une fois, l&#8217;op\u00e9ration\ntermin\u00e9e, jeter l&#8217;eau de la cuvette devant la porte\u2026 pas de\nchi-chis\u2026 et, pour se rincer, mais en l&#8217;\u00e9pargnant, il en reprenait\nune cuvette dans le seau d&#8217;eau qu&#8217;il avait \u00e9t\u00e9 chercher la veille\nou le matin m\u00eame. Pour \u00e9viter que la bise p\u00e9n\u00e8tre trop ais\u00e9ment\ndans la maison, il \u00e9tait d&#8217;usage de mettre une \u00ab&nbsp;pouque&nbsp;\u00bb\nau pied de la porte d&#8217;entr\u00e9e\u2026 c&#8217;\u00e9tait pas tr\u00e8s esth\u00e9tique mais\nplut\u00f4t efficace et c&#8217;\u00e9tait l&#8217;essentiel. \n<\/p>\n\n\n\n<p>Au coin du buffet, j&#8217;ai le souvenir\nd&#8217;un pain de six livres\u2026 (peut-\u00eatre de douze&#8230;!) qui devait faire\nla semaine\u2026 La boulangerie la plus proche \u00e9tait \u00e0 six kilom\u00e8tres.<\/p>\n\n\n\n<p> Beaucoup plus tard, quand ma tante\nMadeleine h\u00e9ritera de la maison, le feu dans la chemin\u00e9e cessera et\nsera remplac\u00e9 par une cuisini\u00e8re bois et charbon qui fera office de\nchauffage, (plus efficacement, il faut le reconna\u00eetre). Du-coup la\nchemin\u00e9e, \u00e0 ma grande d\u00e9ception f\u00fbt condamn\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette m\u00eame pi\u00e8ce, longtemps\napr\u00e8s ce que j&#8217;\u00e9voque, on rempla\u00e7a la terre battue par des briques\n\u00e0 champ\u2026 grosse innovation mais ex\u00e9cut\u00e9 s\u00fbrement par un\namateur\u2026 \u00e7a n&#8217;\u00e9tait pas tr\u00e8s de niveau et il \u00e9tait assez\ndifficile d&#8217;\u00e9quilibrer les chaises sur lesquelles on s&#8217;asseyait\u2026\nUn d\u00e9tail&#8230; \n<\/p>\n\n\n\n<p>De chaque c\u00f4t\u00e9 de la pi\u00e8ce\nprincipale, une chambre. S\u00e9par\u00e9es toutes les deux du s\u00e9jour par\nune porte pleine identique \u00e0 celle de l&#8217;entr\u00e9e dans sa conception,\nmais un peu moins \u00e9paisse. Chez nous, il y avait des poign\u00e9es aux\nportes\u2026 en laiton\u2026 du luxe\u2026 Rien de tout cela ici. Un tassot\nclou\u00e9 en oblique sur la porte et qui servait de poign\u00e9e\u2026 et un\nloquet actionn\u00e9, quand on voulait entrer dans la chambre, par une\nficelle qui passait par un petit trou pratiqu\u00e9 dans la porte. On\ntirait la ficelle qui soulevait le loquet\u2026 la porte s&#8217;ouvrait.\nQuand on \u00e9tait entr\u00e9 dans la chambre, il suffisait de replacer le\nloquet dans son logement, la porte \u00e9tait ferm\u00e9e\u2026 on \u00e9tait chez\nnous.<\/p>\n\n\n\n<p>La simplicit\u00e9 m\u00eame et je ne serais\npas surpris que nos anc\u00eatres les Gaulois utilisaient un syst\u00e8me\nidentique. D&#8217;ailleurs, il ne devait pas y avoir une grande diff\u00e9rence\nentre la maison que je d\u00e9cris et celles de nos lointains anc\u00eatres.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand j&#8217;ai grandi, j&#8217;ai \u00e9t\u00e9 visit\u00e9\nle grenier, plein de foin et j&#8217;ai pu constater que la charpente \u00e9tait\nfaite, non de bastings et de chevrons, mais de troncs d&#8217;arbres de\npetits diam\u00e8tres et de grosses branches qui avaient d\u00fb finir de\ns\u00e9cher sur place&#8230;.<\/p>\n\n\n\n<p>A l&#8217;extr\u00e9mit\u00e9 de la maison, un\ncellier dont l&#8217;acc\u00e8s n&#8217;\u00e9tait possible que de l&#8217;ext\u00e9rieur\u2026 par\nune porte pleine \u00e9galement, avec les f\u00fbts de boisson et les\nbouteilles de cidre. Accroch\u00e9 au mur, le garde-manger, au fond,\nquelques outils. \n<\/p>\n\n\n\n<p>Les commodit\u00e9s, dont je parlais plus\nhaut\u2026 au fond du jardin, sous un joli bouquet d&#8217;arbustes, et apr\u00e8s\navoir travers\u00e9 la cour\u2026 et franchi une barri\u00e8re. Il \u00e9tait\npr\u00e9f\u00e9rable de ne pas \u00eatre dans l&#8217;urgence&nbsp;!!<\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 grosso-modo la maison de mes\ngrands-parents. C&#8217;\u00e9tait tout \u00e0 fait rustique mais je n&#8217;ai pas\nl&#8217;impression d&#8217;en avoir souffert. J&#8217;ai m\u00eame d&#8217;excellents souvenirs\npass\u00e9s dans ces lieux  et pas si vieux que cela. \n<\/p>\n\n\n\n<p>Le bonheur, c&#8217;est pas forc\u00e9ment le\nformica et le confort\u2026 Bien que je reconnaisse que c&#8217;est pas plus\nmal\u2026 et je n&#8217;irai pas jusqu&#8217;\u00e0 dire que je suis un nostalgique de\nces rudes \u00e9poques\u2026 je pense seulement que notre vie actuelle,\nconfortable, pleine de multiples gadgets, on la subit de plus en plus\nau d\u00e9triment de notre libert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce qui me concerne, je suis \u00e0\ncheval sur deux \u00e9poques. Petit enfant, j&#8217;\u00e9tais encore r\u00e9veill\u00e9\npar le pas des chevaux qui passaient sur le \u00ab&nbsp; chemin\nd&#8217;Oissel&nbsp;\u00bb\u2026 c&#8217;\u00e9tait le nom de la rue qui passait devant chez\nnous. Il y avait encore au moins une dizaine de fermes dans notre\nvillage.<\/p>\n\n\n\n<p>J&#8217;ai connu la lampe \u00e0 p\u00e9trole et la\nbougie quand j&#8217;\u00e9tais enfant et, en m\u00eame temps, l\u2019\u00e9lectricit\u00e9. A\nPetit-Couronne,il fallait aller chercher l&#8217;eau \u00e0 une borne fontaine\nqui desservait toute la cit\u00e9\u2026 une douzaine de familles. Quarante\nm\u00e8tres de chez nous, \u00e0 peu pr\u00e8s, et, quand j&#8217;ai \u00e9t\u00e9 en mesure de\nle faire, \u00e7a faisait partie des menus travaux que j&#8217;\u00e9tais pas peu\nfier d&#8217;ex\u00e9cuter\u2026 un seau au bout de chaque bras. De la bonne eau\nbien fra\u00eeche et qu&#8217;on pouvait boire&nbsp;; pas comme \u00e0 Bonneville.\nNous, ici, c&#8217;\u00e9tait moderne et on appr\u00e9ciait la diff\u00e9rence. Tout\nest l\u00e0&#8230;c &#8216;est par la comparaison que na\u00eet l&#8217;insatisfaction. Nous,\non \u00e9tait mieux que nos parents de Bonneville (sur le plan confort)\nmais eux n&#8217;en souffraient pas puisqu&#8217;ils ne connaissaient pas autre\nchose et \u00e7a, depuis toujours. \n<\/p>\n\n\n\n<p>On peut faire la comparaison avec un\njeune aujourd&#8217;hui qui est malheureux si on lui enl\u00e8ve son t\u00e9l\u00e9phone\nportable et moi qui s&#8217;en fiche et qui d&#8217;ailleurs n&#8217;en poss\u00e8de pas&#8230;\n<\/p>\n\n\n\n<p>Bon, tout ce discours seulement pour\nfaire ressortir qu&#8217;il est possible de vivre plus rudement sans \u00eatre\nforc\u00e9ment malheureux. D&#8217;ailleurs, le bonheur, qu&#8217;est-ce que c&#8217;est ?<\/p>\n\n\n\n<p>Maurice.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C&#8217;est le nom du village o\u00f9 ma m\u00e8re a vu le jour\u2026 et o\u00f9 nous allions passer les f\u00eates de la pentec\u00f4te, du 15 ao\u00fbt et de l&#8217;ouverture de la chasse\u2026 chez ma grand-m\u00e8re, quand j&#8217;\u00e9tais petit. Une exp\u00e9dition qui commen\u00e7ait tr\u00e8s t\u00f4t le matin\u2026 pour nous pr\u00e9parer, nous les enfants, avec nos modestes bagages &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/2019\/01\/27\/bonneville-aptot\/\" class=\"more-link\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\"> &#8220;Bonneville-Aptot.&#8221;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-425","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-souvenirs"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/425","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=425"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/425\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=425"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=425"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/yaka.alwaysdata.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=425"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}